Le Yémen brûle-t-il à son tour ? Evacuation d’urgence des ressortissants

Le Yemen classé zone rouge (formellement déconseillée) par le quai d'Orsay

Les révoltes déjà grandissantes commencent à prendre une tournure inquiétante au Yemen. Les manifestations contre le pouvoir du président Saleh (en poste depuis 1978) ont fait plusieurs morts ces derniers jours. Avec une véritable chasse à l’homme des opposants, usage de balles à tirs réels et de gaz toxiques. Plusieurs pays à commencer par le Royaume-Uni et les Etats-Unis avaient déjà battu le rappel de leurs ressortissants, leur conseillant de quitter le pays. Les Britanniques préparent une « NEO » (opération d’évacuation de non combattants) à partir de leur QG d’opérations de Northwood pour évacuer leurs ressortissants par avions si les violences s’aggravent encore. La France, et d’autres pays européens, viennent de prendre la même recommandation : demandant à tous ceux qui n’ont « pas de raison impérative d’y demeurer, de quitter provisoirement le pays au plus vite, en empruntant les vols commerciaux« .

Un pays jamais totalement pacifié, avec un risque avéré de présence terroriste et de potentiel de développement de la piraterie

Le Yemen, petit pays pauvre du Golfe, n’a certainement pas l’importance de la Libye ou de l’Egypte. Mais il n’est pas moins important à plus d’un titre. Situé à un carrefour stratégique, au confluent de la mer rouge et du Golfe d’Aden, face à Djibouti et la Somalie, une dérive à la somalienne est sans doute plus crédible ici qu’ailleurs. D’une part, la réunification des deux Yémen, nord et sud, n’a jamais été pleinement concrétisée. Et l’existence d’une rébellion au nord a tourné à une vraie guerre fin 2009-début 2010, avec intervention des avions de l’Arabie saoudite (bien guidés par des cartes satellites fournies par les Français). D’autre part, l’augmentation de la piraterie en Somalie voisine semble faire des émules sur place. Un des pirates jugés aux Etats-Unis pour l’attaque du Sy Quest est ainsi de nationalité yéménite. Et la crainte d’une souche yéménite à la piraterie pourrait ainsi être accrue. Les navires qui traversent le Golfe et la mer rouge seraient ainsi pris en pince entre les deux zones. Enfin, il ne faut pas oublier la présence résurgente d’éléments terroristes, le Yémen constituant une base propice à des actions internationales pour Al Qaeda notamment. Entre l’USS Cole, objet d’une attaque suicide dans le port d’Aden en octobre 2000 et l’attentat contre une voiture de l’ambassade britannique et un Français en octobre 2010, en passant par la tentative (ratée) d’attentat sur l’avion Amsterdam-Détroit dont le terroriste aurait été formé au Yémen, la menace d’un terrorisme d’origine yéménite semble bien réelle. Et Britanniques comme Américains s’étaient engagés récemment à former et financer une police anti-terroriste.

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