L’opposition libyenne n’a pas encore de légitimité pour l’UE. Explications…

Share

La Haute représentante de l’UE a refusé de reconnaitre une quelconque légitimité à l’opposition libyenne, notamment au Conseil national Libyen. Elle a ainsi rencontré deux responsables de l’opposition qui étaient invités au Parlement européen à Strasbourg (par Guy Verhofstadt et le groupe des Libéraux et Démocrates).

Mais, de l’avis de ses proches, cela ne signifie pas une reconnaissance quelconque. « C’est une prise de contact, pour avoir des informations, comme nous en avons avec d’autres. Nous ne sommes pas sûr de savoir qui représente qui. Il faut être prudent ». Pour la Haute représentante, la reconnaissance de l’opposition (ou d’un Etat) n’est pas de son rôle. C’est « aux Etats de prendre cette décision ». Une prudence qui peut sembler d’autant plus bizarre qu’en diligentant une mission exploratoire du coté de Kadhafi et en refusant de faire de même du coté de l’opposition, Cathy Ashton marque une position, pour le moins trouble et contradictoire, alors qu’elle dit par ailleurs (comme plusieurs Etats membres) que Kadhafi « doit partir ».

Attention à une analyse rapide

Cette prudence est explicable, vient de préciser un haut diplomate européen, qui connait bien la région. « Benghazi a toujours été un foyer de radicalisme. Le régime de Kadhafi a toujours eu des difficultés à se faire respecter dans cette région. Il faut se rappeler ces infirmières bulgares accusées d’avoir innocculé le virus du Sida à des enfants (accusation fausse). Il y avait des groupes très durs, intransigeants à Benghazi, qui s’opposaient à toute décision (de libération). Ce n’est pas simplement pour « embêter » les occidentaux que Kadhafi a fait trainer cette affaire. Il avait sur place des problèmes à faire respecter sa décision. Il faut donc être très prudent dans notre analyse sur ce qui se passe à Benghazi, Syrte, Tripoli ou ailleurs. »

NB: article complété et remodelé de l’information précédemment parue en quelques paragraphes