José Manuel Barroso met Cathy Ashton hors jeu

José Manuel Barroso met Cathy Ashton hors jeu

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(crédit : Commission européenne)

Le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a mis la Haute représentante, Cathy Ashton, hors jeu, aujourd’hui. Il a débarqué dans la salle de presse au briefing de midi pour faire une assez longue déclaration sur la situation libyenne avant de se prêter au jeu de questions-réponses (deux seulement) avec les journalistes. Il était seul, sans la Haute représentante, qui est aussi vice-présidente de la Commission européenne. La déclaration de José-Manuel – qui s’est fait le porte-parole à plusieurs reprises de « l’Union européenne et de la Commission » – se voulait très politique. Elle contenait des mots fort. Le président de la Commission s’est voulu aussi constructif pour le futur Sommet des 27 sur la Libye, avançant l’idée d’un « pacte pour la démocratie » et de solutions pour la mobilité des jeunes. Mais il a fait une impasse totale : la sécurité immédiate du pays.

Kadhafi est un problème pas la solution

Barroso n’a pas eu de mots assez durs pour Kadhafi. « Les actions complètement inacceptables du régime libyen ces dernières semaines ont montré clairement que le Colonel Khadhafi est une part du problème et non une partie de la solution. Il est temps pour lui de partir et de rendre le pays au peuple de Libye. La situation que nous voyons en Libye est simplement tragique. Nous ne pouvons pas l’accepter. »

Aux cotés de la rue arabe et de la démocratie

Ajoutant un peu plus loin. à l’adresse du monde arabe et des jeunes qui se battent pour la liberté et la démocratie. « Nous sommes de votre coté« . Faisant le parallèle avec les batailles pour la démocratie dans l’Europe du sud, d’abord, en Europe centrale et orientale ensuite, « alors que certains disaient que ce combat pour la démocratie il a expliqué. « Oui, je crois que les Arabes sont aptes à la démocratie. Et nous sommes de leur coté« .

Un Pacte pour la démocratie et la prospérité partagée

A part l’annonce d’une augmentation de l’aide humanitaire européenne de 3 à 10 millions d’euros (une augmentation attendue de toute façon) et un appel aux Etats membres à répondre à l’appel du Haut commissariat aux Réfugiés pour faire face à « au moins 140.000 réfugiés » qui arrivent dans les pays voisins, l’objectif de José-Manuel Barroso était de présenter des pistes pour le sommet européen spécial sur la Libye, convoqué pour le 11 mars.

Le président de la Commission européenne a ainsi appelé à un « nouveau paradigme politique » dans les relations avec le voisinage du sud, à un « Pacte pour la démocratie et la prospérité partagée« . Un Pacte qui va réorienter le budget actuel consacré au voisinage (4 milliards d’euros) vers certaines actions prioritaires : la démocratie et les réformes constitutionnelles, les réformes judiciaires et le soutien aux acteurs non étatiques (ONG, syndicats, médias et organisations de femmes).

Il souhaite aussi que la BERD – la banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui a accompagné les transformations dans les pays de l’Est – change ses statuts et « soit plus active dans le sud ». Enfin, il a présenté un projet pour « ouvrir les sociétés » du sud en encourageant la mobilité. « Nous sommes prêts à offrir des partenariats de mobilité à des pays (visas pour les étudiants, les chercheurs…), sous certaines conditions »

« L’Union européenne et la Commission sont totalement déterminés à soutenir (ces pays) dans leur chemin vers la démocratie et un meilleur futur » a-t-il ajouté.

Pour la sécurité, voyez les Etats membres

En revanche, il s’est refusé à s’avancer dans toute solution concrète. Sur la présence de réfugiés à la frontière tunisienne, il a affirmé la disponibilité de la Commission mais s’est dit reposé sur les Etats membres « Ce sont eux qui ont les avions ».

Sur la « zone d’exclusion aérienne ». (question posée par un journaliste), Barroso a renvoyé la balle… aux Libyens. « Nous devons tout faire pour que le régime actuel quitte le pouvoir, il n’a même pas les moyens d’assurer son l’ordre, un régime qui de façon systématique tue ses propres citoyens ne peut rester ; mais nous voulons que ce soit une solution trouvée par les Libyens eux mêmes. »