Bientôt des méthodes d’action plus robustes pour Atalanta ?

(Crédit : ministère NL de la Défense)

(réunion Informelle de Budapest) La discussion entre ministres de la Défense, jeudi, a permis de faire le tour des opérations et notamment de l’opération anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta.

Ce qu’on constate – rapporte un participant – est qu’il y a une détermination visible d’un plus grand nombre d’Etats pour parcourir toute la palette des actions possibles. Il s’agit d’une part d’avoir une approche globale de la piraterie embrassant tous les domaines (judiciaire, renforcement des capacités à terre…) mais aussi d’avoir des actions plus robustes, au sein d’Atalanta. Sans aller tout de suite « jusqu’aux actions de reprise de force » indiquées par Jack Lang, on a pu recenser différentes actions qui peuvent être menées. Par exemple, empêcher un navire qui a été pris en otage de rejoindre la terre, bloquer un bateau-mère dans son action ou de prendre la mer, en neutralisant par exemple ses moteurs…

Les pays ont plaidé, selon leur sensibilité, soit pour l’approche globale (pays nordiques, Allemagne), soit pour une action robuste (les pays « maritimes » essentiellement, France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Italie, …). « Cette double approche n’est pas contradictoire, elle est simplement la façon de voir le même problème d’une façon différente » explique un militaire européen. De fait, seule l’Irlande a exprimé des réticences particulières pour ce type d’action, raison constitutionnelle oblige.

Le ministre néerlandais, Hans Hillen, a été particulièrement explicite (*) : « Il faut bloquer non seulement les bateaux-mère, mais aussi saboter les navires ancrés ou amarrés. Nous devons rendre la vie des pirates aussi difficile que possible en perturbant autant que possible leurs préparatifs. Si nécessaire, nous devons arriver à neutraliser les systèmes logistiques à terre. » Le ministre a également accueilli favorablement l’idée « d’un plan sur les opérations d’otages, avec le sauvetage des navires détournés et libérant les otages. » Il estime aussi nécessaire « d’établir un quartier-général sur le terrain pour maintenir et améliorer le contact avec les autorités locales » (au Puntland). On peut noter que les marins néerlandais ont sur place joint l’acte à la parole dans l’Océan indien, notamment lors de la libération du MV Taipan.

La mise en forme de ces actions ne nécessite pas la modification de la décision (action commune) mais au moins l’ajout de certaines notions dans le concept ou le plan d’opération. Ce qui nécessite donc l’unanimité des Etats membres.

(*) mis à jour

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).