La France demande la convocation d’un Conseil européen sur la Libye

La France demande la convocation d’un Conseil européen sur la Libye

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(crédit : Elysée)

L’information donnée au conditionnel sur ce blog, vendredi, est confirmée (1). Nicolas Sarkozy l’a annoncé il y a quelques minutes dans son discours rediffusé sur la « situation internationale ». La France demande la convocation d’un Conseil européen sur la Libye.

Sstratégie commune et refonder l’UPM

Objectif visé à ce nouveau sommet : que l’Europe adopte une « stratégie commune face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de la région« . L’Europe doit « se doter, sans tarder, – précise le président français – de nouveaux outils pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse de la Méditerranée » et « imagine(r) une politique économique et commerciale ».  C’est le moment de « refonder l’Union pour la Méditerranée à la lumière des évènements considérables que nous vivons. L’UPM doit permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir, enfin, une destinée commune ».

Un changement historique…

Le président s’est voulu lyrique. « De l’autre coté de la Méditerranée, il y a un immense bouleversement. Certains peuples arabes prennent leur destin en main renversant des régimes qui après avoir été au temps de la décolonisation les instruments de leur émancipation, sont devenus ceux de leur servitude« .

Au passage, Nicolas Sarkozy a défendu le fait d’entretenir des relations proches avec ces Etats : « tous les Etats et tous les gouvernements français qui se sont succédé ont entretenu avec eux des relations, économique, diplomatiques et politiques malgré leur caractère autoritaire car ils apparaissent, aux yeux de tous, comme un rempart contre l’extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme ».

Le devoir d’agir

Mais, surtout, le président français a appelé les Européens à être à la hauteur des évènements. « Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur. Il porte en lui une formidable espérance. Car il porte les valeurs qui sont chères : les droits de l’homme et la démocratie. il ouvre une ère nouvelle avec les relations avec ces pays dont nous sommes si proche géographiquement et historiquement. »

« Nous ne devons avoir qu’un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisir d’être libres. Il faut tout faire pour que l’espérance qui vient de naître ne meure pas« , a-t-il plaidé lançant un appel à « toutes les bonnes volontés pour faire réussir (ces révolutions). Car « le sort de ces mouvements est incertain. Ils peuvent déboucher sur des violences et des dictatures pire que les précédentes. Nous savons les conséquences de telles tragédies sur les flux migratoires et le terrorisme. C’est l’Europe qui se retrouverait en première ligne. Nous avons le devoir d’agir avec une ambition qui soit à la dimension des évènements historiques que nous vivons. »

Remaniement aux ministères « régaliens »

Le président en a profité pour annoncer un remaniement, limité en nombre mais important car ils touchent les principaux ministères régaliens (sauf la Justice) : Alain Juppé, passe ainsi de la Défense aux Affaires étrangères (en remplacement de Michèle Alliot-Marie qui est dégagée, carbonisée par les affaires tunisiennes et libyennes). Gérard Longuet, entre au gouvernement et devient ministre de la Défense. Et Claude Guéant, fidèle collaborateur du président qui l’a accompagné dans nombre de ses postes (à l’Intérieur comme à l’Elysée), prend les manettes du ministère de l’Intérieur, en remplacement de Brice Hortefeux (mis à mal par ses condamnations pour injure raciale) qui devrait passer à l’Elysée (NB : cette nomination n’a pas été annoncée).

(1) Lire :