La coordination européenne pour l’évacuation de Libye se met en place

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Le mécanisme d’information de la protection civile (MIC) a été mis en alerte pour soutenir l’effort d’évacuation des citoyens européens de Libye. Ce dispositif devrait permettre d’identifier et faciliter les moyens d’évacuation, y compris par mer, autour de Benghazi et d’autres parties de la Libye, précise la Commission dans un communiqué.  « Des milliers de citoyens de l’UE éprouvent des difficultés pour partir de Libye dans ces circonstances extrêmement difficiles – a affirmé Kristalina Georgieva, commissaire chargé de la Réponse de crises -. Il est de notre devoir d’être à la hauteur de ce défi et tout faire pour faciliter les évacuations ».

Coté militaire, c’est l’Etat-Major militaire de l’UE (EMUE) qui assure le recensement des moyens disponibles et la jonction, en liaison notamment avec le groupement européen aérien (EATC) basé à Eindhoven coordonne déjà les évacuations aériennes pour les 4 pays qui en sont membres (France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique). Ainsi il a assuré l’OpCon (le contrôle opérationnel) de 5 appareils envoyés ces derniers jours à Tripoli (les 2 Transall allemands, l’A340 et l’A310 français, le KDC10 néerlandais), selon les informations reçues à Bruxelles2.

Au service diplomatique européen (SEAE), Le SitCen, le centre de renseignement de l’Union européenne, qui a en charge la protection consulaire, est également mobilisé. Et c’est le directeur du département « réponse de crises », Agostino Miozzo, bien connu des lecteurs de ce blog, qui assure la coordination des moyens engagés.

Enfin, sur place, à Tripoli, c’est l’ambassadeur hongrois qui organise la coordination, au jour le jour, dans des conditions particulièrement difficiles, d’après les dernières informations (*). Une réunion des principaux responsables consulaires s’est ainsi tenue, aujourd’hui, à Tripoli ce mercredi (23 février).

Commentaire : il est remarquable de penser que le système mis en place lors du séisme en Haiti avec une cellule spéciale EUCO n’ait pas été réitéré, cette fois-ci, pour structurer et renforcer la coordination entre tous ces acteurs européens. Il y a là une espèce de vide qu’il importe de remplir rapidement. Une décision pourrait être prise en ce sens, prochainement. Si la coordination au niveau européen est, pour l’instant, peu visible, elle pourrait prendre de l’importance pour répondre à des demandes de pays « dépourvus » comme le Bangladesh, le Népal ou le Sri Lanka qui ont demandé l’assistance internationale, notamment via l’OIM (Organisation internationale des migrations).

(*) Précisons que l’information qui a circulé sur internet que des « mercenaires » avaient pris position sur les toits de l’ambassade de Hongrie a été démentie formellement, selon les informations que j’ai pu recueillir sur place.