Les structures de l’Europe de la défense en sous-effectif

(crédit : CHU Genève)

La Haute représentante s’est fixée un objectif de réduction de postes de 10% dans le service diplomatique dans sa sphère actuelle, ce afin de pouvoir opérer aux réajustements et renforts nécessaires. Nous pouvons le dire : dans les structures de gestion de crises de la PeSDC, cet objectif est non seulement atteint, il est même largement dépassé !

Si j’en crois les dernières informations parvenues à Bruxelles2, on serait ainsi à « – 25 postes » à la CPCC (l’État-major de crises) et « –  10/15 postes » à la CMPD (la structure de planification des opérations de défense). Rapporté à l’effectif théorique (70 personnes chacun environ), cela donne la mesure de la « nécessaire remobilisation« , comme l’expliquait la Haute représentante, Cathy Ashton récemment. Pour arriver à cette situation, plusieurs phénomènes se conjuguent. Certains sont plutôt « objectifs », « mécaniques » en quelque sorte, d’autres plus « subjectifs », « politiques ».

Un no mans’ land administratif

Il y a tout d’abord le jeu, ordinaire, des rotations de postes dans des structures administratives. Ces entités qui étaient rattachés au Conseil se sont aussi trouvées durant un an dans un espèce de no man’s land consécutif à la mise en place du service diplomatique. Durant un an de période de mise en place du SEAE, certains postes n’ont pas été ouverts. Et les appels à candidature n’ont ainsi pu être effectués comme prévu. Ce « no mans land » est aussi visible à la tête de ces deux structures. Le directeur de la CMPD et deux adjoints ont successivement quitté les lieux. Quand au responsable de la CPCC, il est en partance, son mandat se terminant en mars. Et son successeur n’est pas encore nommé (même si un nom circule).

Un manque d’intérêt de la Haute représentante (comme des Etats membres)

Il y a aussi des explications plus « subjectives ». Certains agents qui provenaient du Conseil ont parfois préféré rester ou retourner dans cette institution (plus politique et moins lourde que les structures de la Commission qui « souffrent » de la réforme « Kinnock »). Enfin, il y a un phénomène diffus : jusqu’à présent personne n’a ressenti à l’extérieur, et encore plus à l’intérieur, d’intérêt stratégique de la Haute représentante pour les questions de défense. Et même du coté des Etats membres (en particulier de la France qui a souvent été un des « pousseurs » de la PeSDC), on connait actuellement une certaine déshérence.

Espérons que l’informelle des ministres de la Défense à Budapest, ces 24 et 25 février, permettra d’inverser la tendance.

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