Au large de la Libye, les navires de guerre convergent (maj4)

Au large de la Libye, les navires de guerre convergent (maj4)

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(dernière mise à jour, vendredi 18h)

Le Hms Cumberland de retour du Golfe d'Aden (après avoir passé le relais à l'Iron Duke) va être positionné au large de la Libye (crédit : Royal Navy)

Tandis que l’évacuation des citoyens européens et autres ressortissants étrangers en Libye s’accélère (1), différents moyens maritimes convergent dans la région, officiellement pour assurer la protection des évacuations en cours (tous les pays) ou prévenir toute immigration illégale (Italie). J’ai recensé une dizaine de navires (tous membres de l’OTAN) qui ont reçu leur ordre de route ou sont déjà sur place fournis par une dizaine de pays : Italie, Turquie, Royaume-Uni, Pays-Bas, Grèce, Allemagne, France Sans compter la Corée du sud, la Chine et l’Inde.

Frégates, destroyers, navire d’écoute et de soutien… S’il est trop hâtif de parler d’opération, cela ressemble étrangement à un prépositionnement de moyens, ou au moins à un « show of force » comme on dit dans l’aviation. A suivre de près ! C’est peut-être le début de la fin pour le dirigeant libyen.

C’est aussi symbolique d’une prise de conscience, un peu tardive pour certains pays (France, Italie notamment), de la nécessité de procéder à une évacuation rapide des ressortissants nationaux du territoire libyen, ainsi que d’une évolution des états d’esprit (somme toute, rapide dans une diplomatie internationale, toujours rétive à des évolutions brusques) face à la dureté du régime libyen.

Les moyens mobilisés

Italie : Un navire d’écoute électronique, INS Elettra (A-5340) a été dépêché dans la zone. Et un second navire, le destroyer lance-missiles Francesco Mimbelli (D-561), avec un équipage de 350 personnes, va être envoyé. Deux corvettes de la Marine, le « Chimera » (F-556) et « Phoenix », patrouillent déjà dans le détroit de Sicile, dans le cadre de l’opération européenne « Hermes » de Frontex, pour prévenir l’immigration illégale.

Pays-Bas : Le Hr Ms Tromp (F-803), qui faisait route vers les eaux somaliennes pour participer à l’opération anti-piraterie de l’OTAN (Ocean Shield), a reçu l’ordre de rebrousser chemin ; il était alor dan la mer rouge et va devoir repasser le Canal de Suez. Il est attendu pour vendredi (25 février) au large des eaux libyennes. Le Hr. Mr De Ruyter, actuel navire amiral d’Ocean Shield, va donc rester plus longtemps en opération.

Royaume-Uni : La frégate HMS Cumberland (F-85), qui revient de mission en mer d’Arabie (notamment protection du terminal pétrolier irakien de Al Basra) et dans le Golfe d’Aden (anti-piraterie pour la coalition internationale CMF, sous direction des Américains) a reçu l’ordre de faire route vers les « eaux internationales de la Libye« , pour se tenir prête « à venir en aide aux Britanniques si nécessaire« . Ce sera son ultime mission… Elle doit rentrer, en effet, dans son port d’attache à Devonport pour être désarmé. Le HMS York (F-), qui était en route vers les Iles Falkland à partir de Gibraltar, avait été placé en alerte depuis quelques jours, a été dérouté vendredi. Et reçu l’ordre de se diriger vers les côtes de Libye.

Turquie : une frégate, le TCG Gelibolu (F-493) et un navire ravitailleur, ainsi que le ferry TCG Iskenderun (A-1600).

Grèce : la frégate Psara (F-54) est partie de Crète, le jeudi 24 février.

Allemagne : la marine allemande envoie 3 navires dans la zone, les frégates Brandenburg (F-215) et Rheinland-Pfalz (F-209) ainsi que le navire de soutien et ravitailleur Berlin (A-1411). A bord 600 militaires et marins. NB : trois autres navires semblent en alerte, dans la zone, participant à une manoeuvre de l’OTAN.

Foto: Imago // Deutsche Marine sendet Kriegsschiffe nach Libyen

la frégate Brandenbourg (crédit : Bundeswehr)

France : 3 navires sont à disposition de l’Union européenne pour l’évacuation. Lire : Conflit en Libye : le BPC Mistral et 2 frégates à disposition de l’UE

Un exercice (programmé) de l’OTAN doit démarrer ces jours-ci au large de l’Espagne (Almeria), rassemblant une vingtaine de navires, 4 sous-marins et 4 avions, sous le commandement du navire espagnol SPS Castilla, coordonné par le QG maritime de l ‘OTAN à Northwood  (Royaume-Uni). Les moyens sont fournis par une dizaine de pays, essentiellement l’Espagne et l’Allemagne, mais aussi la Belgique, la Pologne, les Pays-Bas, la Norvège, la France (la frégate FNS Tourville et le sous marin nucléaire Saphir et un avion de patrouille maritime), les Etats-Unis (P3 Orion).

Autres pays

Corée du Sud : la Corée du Sud a décidé, jeudi 24 février, d’envoyer au large de la Libye un destroyer de 4500 tonnes, le Choi Young (DDH 981), actuellement stationné dans les eaux somaliennes, dans la lutte anti-pirates, pour évacuer ses nationaux.

Inde : le gouvernement indien a annoncé, vendredi 25 février, avoir l’intention d’envoyer 3 navires de guerre, dont le navire amphibie INS Jalashwa (Nb : l’Inde a environ 18.000 ressortissants en Libye).

Chine : le gouvernement chinois a décidé d’envoyer le Xuzhou, une frégate lance-missiles de Type 054 Jiangkai-II, pris sur le contingent anti-piraterie.

NB : Nombre de ces navires ne sont pas des inconnus des lecteurs fidèles de ce blog : ils participent, ou ont déjà participé aux opérations anti-piraterie de l’Union européenne ou d’autres forces multinationales (OTAN « ocean shield » ou CTF 151) déployées dans l’Océan indien et le Golfe d’Aden depuis plus de deux ans. Certains d’entre eux ont d’ailleurs été prélevés sur les effectifs déployés dans l’Océan indien.

(1) Lire également :