L’organigramme du service diplomatique se remplit. Regardez…

Au fur et à mesure des nominations, des noms viennent garnir les « cases vides » de l’organigramme du nouveau service diplomatique de l’Union européenne. En reprenant le dernier organigramme « stable » (celui de fin juillet) (1) et les différentes informations en ma possession, voici le premier organigramme « rempli » !

Les drapeaux symbolisent la nationalité du titulaire. Bien sûr les esthètes pourront me reprocher un tel procédé, estimant qu’un agent du service diplomatique est européen avant tout. Mais nous sommes, ici, dans un domaine, la diplomatie et la sécurité, où la nationalité ne peut être tenue pour négligeable. Et il est incontestable qu’elle joue un facteur majeur dans les nominations en cours. Ce n’est pas une question de compétences, je pense l’avoir déjà écrit, les personnes nommées disposent d’une incontestable compétence ; c’est une question d’équilibre tant géographique que de cultures. Ce procédé de marquage par petits drapeaux est d’ailleurs très utilisé dans les capitales, dans les représentations permanentes et même au sein de la Commission européenne ou du Conseil où chaque nomination et chaque rumeur sont scrutées avec attention.

Au premier coup d’oeil, on peut remarquer que la présence « viking » et « saxonne » (au sens historique du terme : suédois, néerlandais…) est très forte dans la sphère défense et sécurité contrairement aux idées reçues. L’éventuelle nomination d’un Tchèque à la CMPD n’aurait fait qu’accroître cette tendance. La nomination d’un Italien, Agostino Miozzo (2), à la réponse de crises permettrait de commencer à rééquilibrer la donne entre « latins » et « germains ». Celui-ci serait élevé au rang de « Managing directors » ; ce qui porterait à sept le nombre de MD (et non six comme prévu à l’origine).

Au second d’oeil, on observera que la plupart des noms cités comme futurs « managing directors » proviennent en grande majorité de la Commission européenne. Ce qui n’est pas tout à fait illogique. La DG Relex de la Commission formant l’ossature principale du nouveau service.

Dernière remarque : tout est très mouvant. Et certains des noms pourraient s’interchanger, les MD choisis ayant souvent plus d’une corde à leur arc. Le responsable de la planification stratégique, Robert Cooper, devrait être placé en ligne directe avec la Haute représentante. Quant à la fonction du département « diplomatie publique », elle pourrait être placée sous la ligne hiérarchique du « Chief operating officer », David O’Sullivan. On discute…


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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).