Déclaration franco-britannique sur la coopération de défense et de sécurité (2 novembre 2010

(english version, see below)

Déclaration sur la coopération de défense et de sécurité

|

Londres – Mardi 2 novembre 2010

1. Le Royaume-Uni et la France sont des partenaires naturels en matière de sécurité et de défense. Membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, Alliés de l’OTAN, membres de l’Union européenne et États dotés d’armes nucléaires, nous avons en commun un grand nombre d’intérêts et de responsabilités. Nous sommes fiers de nos forces armées exceptionnelles et expérimentées, ainsi que de nos industries de défense performantes.

2. Nous sommes déterminés à jouer un rôle leader en matière de sécurité et de défense. La sécurité et la prospérité sont indissociables. C’est pourquoi nous investissons, à nous deux, la moitié des budgets de défense des pays européens et les deux tiers des dépenses de recherche et de technologie. Nous sommes au nombre des contributeurs les plus actifs aux opérations en Afghanistan et dans d’autres zones de crises. De même, nous sommes parmi les rares pays à avoir la capacité et la volonté d’assumer les missions militaires les plus exigeantes. Aujourd’hui, nous avons atteint un niveau de confiance mutuelle sans précédent dans notre histoire.

3. Nous devons faire face ensemble à de nouveaux défis tels que la prolifération des armes de destruction massive et des missiles balistiques, le terrorisme, les cyberattaques et ceux qui pèsent sur la sécurité maritime et spatiale. Nous devons être prêts à prévenir, dissuader, contrecarrer et combattre ces menaces. Plus que jamais, nous avons besoin de capacités de défense robustes, qui puissent être déployées rapidement et puissent agir ensemble et avec un grand nombre d’alliés.

4. En outre, nos intérêts vitaux peuvent aussi être menacés à tout moment. Nous n’envisageons aucune situation où les intérêts vitaux de l’une de nos deux Nations pourraient être menacés sans que ceux de l’autre le soient aussi.

5. Aujourd’hui, nous avons décidé de renforcer encore notre coopération. Nous voulons mettre nos forces en mesure d’agir ensemble, optimiser nos capacités et mieux rentabiliser notre investissement de défense. Nous prévoyons d’accroître les domaines et les ambitions de nos programmes communs d’équipements de défense et de stimuler une étroite coopération industrielle.

6. Cette coopération profitera à l’ensemble de nos alliés et contribuera à la sécurité de l’Alliance atlantique, de l’Union européenne et de nos amis partout dans le monde.

Défense

7. Nous avons décidé :

a) de signer un Traité de coopération en matière de défense et de sécurité afin de développer la coopération entre nos forces armées, le partage et la mutualisation de matériels et d’équipements, y compris par une interdépendance mutuelle, la construction d’installations communes, l’accès mutuel à nos marchés de défense et la coopération industrielle et technologique ;

b) de coopérer dans les technologies liées à la gestion des arsenaux nucléaires, afin de garantir nos capacités de dissuasion nucléaire indépendantes respectives. Nous le ferons dans le plein respect de nos obligations internationales. Nous allons engager une coopération sans précédent dans une installation commune à Valduc (France) où sera modélisée la performance de nos têtes nucléaire et des équipements associés, afin d’en assurer la viabilité, la sécurité et la sûreté à long terme. Un Centre de développement technologique commun à Aldermaston (Royaume-Uni) soutiendra ce projet ;

c) de signer une lettre d’intention portant création d’un nouveau cadre d’échanges entre nos forces armées sur des questions opérationnelles ;

d) de demander au Groupe de travail franco-britannique de haut niveau d’intensifier ses travaux sur la coopération industrielle et d’armement ; et

e) de mener des initiatives communes dans les domaines détaillés ci-après.

Opérations et formation

8. Force expéditionnaire commune interarmées. Nous mettrons en place une Force expéditionnaire commune interarmées adaptée à toute une série de scénarios, y compris des opérations de haute intensité. Cette Force associera les trois armées. Elle comprendra une composante terrestre composée de formations au niveau brigade, une composante maritime et une composante aérienne avec leurs états-majors associés, ainsi que la logistique et les fonctions de soutien. Il ne s’agira pas d’une force permanente, mais elle sera disponible avec un préavis pour des opérations bilatérales, de l’OTAN, de l’Union européenne, des Nations Unies ou d’autres opérations. Nous commencerons par des exercices aériens et terrestres conjoints en 2011 et développerons ce concept d’ici le prochain Sommet franco-britannique, afin qu’il soit pleinement opérationnel dans les années qui suivront. Cette Force favorisera une interopérabilité accrue et la cohérence en matière de doctrine militaire, de formation et de besoins d’équipement.

9. Porte-avions. Le Royaume-Uni a décidé d’installer des catapultes et des dispositifs d’arrêt sur son futur porte-avions opérationnel. Ceci permettra aux avions britanniques et français d’opérer à partir des porte-avions des deux pays. A partir d’abord d’une coopération sur un groupe maritime autour du porte-avions Charles de Gaulle, le Royaume-Uni et la France se doteront, d’ici le début des années 2020, de la capacité à déployer une force aéronavale d’attaque intégrée franco-britannique composée d’éléments des deux pays. Ceci permettra à la Royal Navy et à la Marine française de travailler dans la plus étroite coordination pendant les 30 prochaines années.

Équipement et capacités

10. Soutien A400M. Nous développons un plan de soutien commun pour nos futures flottes d’avions de transport A400M. Ceci permettra de réduire les coûts, d’améliorer la disponibilité des avions et d’ouvrir la voie à une coopération renforcée en matière de maintenance, de logistique et de formation, pour les opérations à partir du territoire national ou de l’étranger. La négociation avec l’industriel est entrée dans sa phase finale, en vue de conclure un contrat unique avec Airbus Military, à la fin de 2011, pour qu’un soutien intégré soit en place pour l’arrivée du premier A400M français en 2013.

11. Formation A400M. Nous créerons un groupe bilatéral d’utilisateurs commun pour faciliter la coopération en matière de développement des systèmes de formation A400M, de techniques et de procédures opérationnelles, ainsi que pour les formations sur simulateur et en vol.

12. Technologies et systèmes pour les sous-marins. Nous prévoyons de développer ensemble des équipements et technologies pour la prochaine génération de sous-marins nucléaires. À cette fin, nous lancerons une étude commune et conclurons des accords en 2011. Cette coopération nous permettra de soutenir et de rationaliser notre base industrielle commune et de réaliser des économies en partageant les activités de développement, les méthodes de passation des marchés et l’expertise technique.

13. Guerre contre les mines maritimes. Nous harmoniserons nos plans concernant les équipements et systèmes antimines. Ceci pourrait renforcer l’efficacité, assurer l’interopérabilité et contribuer à soutenir la base industrielle franco-britannique dans le secteur sous-marin. A cette fin, nous mettrons en place en 2011 une équipe de projet commune pour définir les spécifications d’un prototype de système anti-mines.

14. Communications par satellite. Nous allons évaluer le potentiel de coopération sur les futures communications militaires par satellite. Notre objectif est de réduire les coûts généraux tout en préservant la souveraineté nationale. Nous allons mener à bien une étude de concept commune en 2011 pour les prochains satellites qui entreront en service entre 2018 et 2022.

15. Ravitaillement en vol et transport aérien passagers. Nous étudions actuellement la possibilité d’utiliser les capacités excédentaires qui pourraient être mises à disposition dans le cadre du programme britannique FSTA (Future Strategic Tanker Aircraft) pour répondre aux besoins de la France en matière de ravitaillement en vol et de transport aérien militaire, dans des conditions financièrement acceptables pour les deux pays.

Drones

16. Les drones sont devenus essentiels pour nos forces armées. Nous sommes convenus de travailler ensemble sur la prochaine génération de drones de surveillance moyenne altitude et longue endurance. Cette coopération permettra de partager les coûts de développement, de soutien et de formation, et de faire en sorte que nos forces soient interopérables. Nous lancerons en 2011 une phase d’évaluation concurrentielle financée conjointement, dans la perspective de développer de nouveaux équipements entre 2015 et 2020.

17. Pour le plus long terme, nous évaluerons ensemble les besoins et les options pour la prochaine génération de drones de combat à partir de 2030. En nous appuyant sur les travaux déjà engagés sous la direction du Groupe de travail franco-britannique de haut niveau, nous élaborerons au cours des deux années à venir une feuille de route technologique et industrielle commune. Ceci pourrait aboutir à la décision de lancer en 2012 un programme commun technologique et opérationnel de démonstrateur de 2013 à 2018.
Industrie de défense

18. Nous sommes parvenus à un accord sur un plan stratégique décennal concernant le secteur britannique et français des missiles. Nous allons travailler à la mise en place d’un maitre d’œuvre industriel européen unique et à la réalisation d’économies pouvant aller jusqu’à 30 %. Cette stratégie optimisera la fourniture de capacités militaires, adaptera nos technologies plus efficacement, permettra une interdépendance accrue et consolidera notre base industrielle dans le secteur des missiles. Nous prévoyons de lancer en 2011 une série de projets dans le domaine des missiles (développement du missile antisurface naval léger FASGW(H)/ANL, évaluation des améliorations des missiles de croisière Scalp/Storm Shadow et feuille de route commune pour les technologies de défense aérienne à courte portée). La coopération dans ce secteur industriel servira de test pour des initiatives dans d’autres secteurs industriels.

Recherche et technologie

19. Nous continuerons de mettre en œuvre une coopération importante en matière de recherche et de technologie, en consacrant chacun un budget annuel de 50 millions d’euros à des projets communs de recherche et développement. Notre objectif est d’accroître si possible ce montant. Nos travaux communs se concentreront sur dix domaines prioritaires comprenant notamment des recherches essentielles pour les communications par satellite, les drones, les systèmes navals et les missiles. Ils porteront également sur de nouveaux domaines industriels essentiels, notamment les capteurs, les technologies de guerre électronique et d’autres équipements, ainsi qu’à des domaines innovants tels que la simulation et un programme de PhD co-financé.

Cybersécurité

20. Les cyberattaques sont un défi croissant pour la sécurité des États et les infrastructures nationales critiques, particulièrement en période de conflit. Nos infrastructures nationales dépendent de plus en plus des technologies de l’information en ligne et sur des réseaux informatiques. La France et le Royaume-Uni feront face ensemble aux menaces croissantes qui pèsent sur la sécurité de leurs systèmes d’information. C’est pourquoi nous avons agréé un cadre régissant notre coopération dans ce domaine crucial. Il permettra de renforcer la résilience de nos systèmes nationaux et communs

Lutte contre le terrorisme

21. Nous sommes déterminés à lutter contre toutes les formes de terrorisme, à l’intérieur et à l’extérieur de nos pays. Nous demeurons vigilants face aux menaces qui pèsent actuellement sur eux. Nous prévoyons de renforcer notre excellente coopération dans les domaines suivants : détection précoce des activités terroristes et du recrutement des terroristes ; partage des informations sur les modifications de l’évaluation du niveau de la menace terroriste ; prévention des menaces terroristes dans les domaines nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosif, notamment avec le programme Cyclamen de contrôle du trafic transitant par le Tunnel sous la Manche ; protection de nos populations et des infrastructures critiques ; sûreté de l’aviation commerciale ; soutien au développement de capacités de nos partenaires non européens dans leur lutte contre le terrorisme.
Sécurité internationale

OTAN

22. L’OTAN demeure le garant essentiel de la sécurité de l’Europe. Nous partageons les mêmes objectifs pour le prochain Sommet de l’OTAN à Lisbonne. En particulier, nous souhaitons que soient prises d’importantes décisions en matière de réforme, destinées à assurer l’efficacité et le bon fonctionnement de l’OTAN. Nous voulons également un nouveau Concept stratégique qui affirme l’engagement constant de l’OTAN à assurer la défense collective de nos territoires, à répondre aux menaces pour la sécurité des Alliés quelle qu’en soit l’origine et aux nouvelles menaces contre les intérêts de sécurité fondamentaux des Alliés, et qui affirme le souhait de l’OTAN de travailler avec un grand nombre de partenaires. Dans ce contexte, nous chercherons à mettre en œuvre une étroite coopération dans tous les domaines entre l’OTAN et l’UE ainsi qu’un partenariat dans la durée entre l’OTAN et la Russie, sur la base de coopérations concrètes et de la réciprocité.

23. Tant qu’il existera des armes nucléaires, l’OTAN demeurera une alliance nucléaire. Les forces nucléaires stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France, qui ont un rôle de dissuasion propre, contribuent à la dissuasion globale et, par conséquent, à la sécurité des Alliés. Nos dissuasions nucléaires nationales minimales sont nécessaires pour parer à toute menace pesant sur nos intérêts vitaux. Nous soutiendrons à Lisbonne une décision concernant la défense antimissiles des territoires, reposant sur le développement du système antimissiles de théâtre ALTBMD, qui soit financièrement réaliste, cohérente avec le niveau de la menace émanant du Moyen-Orient, et permette un partenariat avec la Russie. La défense antimissiles est un complément et non un substitut à la dissuasion.

Union européenne

24. Nous continuons de soutenir les objectifs et la mise en œuvre complète des décisions prises en décembre 2008 par le Conseil européen, sous la présidence française de l’UE. En particulier, nous encourageons tous les membres de l’Union européenne à développer leurs capacités militaires, civiles et civilo-militaires afin d’être plus efficaces en matière de sécurité et de gestion des crises.

25. Les opérations de l’Union européenne au large des côtes de la Somalie et en Géorgie, en Bosnie et au Kosovo contribuent à la sécurité globale des Alliés de l’OTAN. Nous encouragerons une coopération plus étroite et la complémentarité entre l’UE et l’OTAN.

Nous espérons de nouveaux progrès d’ici la fin de 2011 et dans cette perspective, nous travaillerons avec les présidences belge, hongroise et polonaise de l’UE.

Lutte contre la prolifération

26. La prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs est l’une des menaces les plus graves pour la paix et la sécurité internationales. Nous travaillerons à renforcer le Traité sur la non-prolifération nucléaire qui est l’un des piliers de l’architecture de sécurité internationale. Nous appuierons les efforts en cours concernant les trois piliers du Traité : non-prolifération, utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et désarmement. Nous appelons tous les pays à adopter des mesures énergiques pour contrecarrer l’action des pays proliférants tels que l’Iran et la Corée du Nord.

Iran

27. Les activités de prolifération nucléaire de l’Iran et ses violations persistantes des résolutions de l’AIEA et du Conseil de sécurité de l’ONU sont extrêmement préoccupantes. Une décision des dirigeants iraniens de se conformer à ces résolutions et de lever ainsi les préoccupations de la communauté internationale ouvrirait pour le peuple iranien de nombreuses opportunités nouvelles. Nous appelons l’Iran à s’engager dans un dialogue sérieux avec les Six, pour parvenir à une solution crédible dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité. Elle offrirait une garantie à long terme sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien. En attendant un accord sur une telle solution, nous appelons tous les pays à suivre l’exemple de l’UE en appliquant des sanctions strictes et ciblées.

Afghanistan

28. Nous rendons hommage à nos forces en Afghanistan, ainsi qu’à leurs camarades afghans et de la FIAS, pour leur courage et leur sacrifice. La stabilité à long terme de l’Afghanistan et du Pakistan et l’élimination de la menace terroriste sont cruciales pour notre sécurité. Les efforts des Afghans et de la communauté internationale portent leurs fruits. Nous renforcerons notre contribution aux actions de formation conduites par l’OTAN en faveur des forces afghanes. Lors du Sommet de Lisbonne, nous attendons de l’OTAN qu’elle lance un processus de transition ordonnée, afin de transférer les responsabilités en matière de sécurité aux autorités afghanes dans les régions où la situation le permet. Nous appelons également les autorités afghanes, conformément à leurs engagements, à améliorer la gouvernance et à lutter contre le trafic de drogue. Nous soutenons les efforts du Gouvernement afghan pour tendre la main à ceux qui renoncent au terrorisme, rompent toute relation avec Al Qaïda et acceptent le cadre constitutionnel afghan.
Pakistan

29. Nous reconnaissons que le Pakistan est confronté à des défis majeurs : des inondations dévastatrices, un extrémisme et un militantisme violents, la mise en œuvre de réformes démocratiques et assurer la stabilité économique. Nous sommes déterminés à aider le Pakistan à se transformer en un pays plus stable, plus prospère et plus démocratique, en lui apportant une aide au développement et en encourageant le développement du commerce et de l’investissement. Nous instaurerons un partenariat à long terme avec le Pakistan, à titre bilatéral et par l’intermédiaire de l’UE et du Groupe des amis du Pakistan démocratique. Nous reconnaissons que le Pakistan a renforcé sa lutte contre l’extrémisme violent sur son territoire, mais nous appelons les autorités civiles et militaires pakistanaises à redoubler d’efforts pour combattre et éliminer les réseaux terroristes et les sanctuaires talibans.

Conclusion

30. Nous avons demandé au Groupe de haut niveau, qui sera créé en application du nouveau Traité de coopération en matière de défense et de sécurité, de superviser les travaux dans tous ces domaines et de nous rendre compte lors de notre prochain Sommet, qui se tiendra en France en 2011.

* * *

(English version)

Tuesday 2 November 2010

UK–France Summit 2010 Declaration on Defence and Security Co-operation

1. The UK and France are natural partners in security and defence. As permanent members of the United Nations Security Council, NATO Allies, European Union members, and Nuclear Weapons States, we share many common interests and responsibilities. We are proud of our outstanding and experienced armed forces and our advanced defence industries.

2. We are determined to act as leaders in security and defence. Security and prosperity are indivisible. That is why, between us, we invest half of the defence budget of European nations and two thirds of the research and technology spending. We are among the most active contributors to operations in Afghanistan and in other crises areas around the world. We are equally among the few nations able and ready to fulfil the most demanding military missions. Today, we have reached a level of mutual confidence unprecedented in our history.

3. Together we face new challenges such as the proliferation of weapons of mass destruction and ballistic missiles, terrorism, cyber attacks, maritime and space security. We must be ready to prevent, deter, defend against and counter those threats. More than ever, we need defence capabilities that are robust, can be rapidly deployed and are able to operate together and with a range of allies

4. In addition, a threat to our vital interests could also emerge at any time. We do not see situations arising in which the vital interests of either nation could be threatened without the vital interests of the other also being threatened.

5. Today, we have decided to intensify our co-operation still further. We want to enable our forces to operate together, to maximise our capabilities and to obtain greater value for money from our investment in defence. We plan to increase the range and ambition of our joint defence equipment programmes, and to foster closer industrial co-operation.

6. We believe this co-operation will benefit all our Allies and contribute to the security of the Atlantic Alliance, the European Union and our friends overseas.

Defence

7. We have decided:

a) to sign a Defence & Security Co-operation Treaty to develop co-operation between our Armed Forces, the sharing and pooling of materials and equipment including through mutual interdependence, the building of joint facilities, mutual access to each other’s defence markets, and industrial and technological co-operation;

b) to collaborate in the technology associated with nuclear stockpile stewardship in support of our respective independent nuclear deterrent capabilities, in full compliance with our international obligations, through unprecedented co-operation at a new joint facility at Valduc in France that will model performance of our nuclear warheads and materials to ensure long-term viability, security and safety – this will be supported by a joint Technology Development Centre at Aldermaston in the UK;

c) to sign a Letter of Intent, creating a new framework for exchanges between our Armed Forces on operational matters;

d) to direct the UK-France High Level Working Group to strengthen its work on industrial and armament cooperation; and

e) to pursue joint initiatives in the areas detailed below

Operations and training

8. Combined Joint Expeditionary Force. We will develop a Combined Joint Expeditionary Force suitable for a wide range of scenarios, up to and including high intensity operations. It will involve all three Services: there will be a land component comprised of formations at national brigade level, maritime and air components with their associated Headquarters, and logistics and support functions. It will not involve standing forces but will be available at notice for bilateral, NATO, European Union, United Nations or other operations. We will begin with combined air and land exercises during 2011 and will develop the concept before the next UK-France Summit and progress towards full capability in subsequent years. The Force will stimulate greater interoperability and coherence in military doctrine, training and equipment requirements.

9. Aircraft carriers. The UK has decided to install catapults and arresting gear to its future operational aircraft carrier. This will create opportunities for UK and French aircraft to operate off carriers from both countries. Building primarily on maritime task group co-operation around the French carrier Charles de Gaulle, the UK and France will aim to have, by the early 2020s, the ability to deploy a UK-French integrated carrier strike group incorporating assets owned by both countries. This will ensure that the Royal Navy and the French Navy will work in the closest co-ordination over the next generation.

Equipment and capabilities

10. A400M support. We are developing a common support plan for our future fleets of A400M transport aircraft. This will reduce costs, improve spares availability and open the way for further co-operation in maintenance, logistics and training, for both deployed and home-based operations. We are in the final stages of negotiations with industry to agree a single contract with Airbus Military, which is to be signed by the end of 2011 so that integrated support is in place for the arrival of the first French aircraft in 2013.

11. A400M training. We will establish a bilateral Joint User Group to facilitate co-operation on the development of A400M training to inform operating techniques and procedures as well as exploring opportunities for synthetic and live training.

12. Submarine technologies and systems. We plan to develop jointly some of the equipment and technologies for the next generation of nuclear submarines. To that end, we will launch a joint study and agree arrangements in 2011. Co-operation will help to sustain and rationalise our combined industrial base and will also generate savings through the sharing of development activities, procurement methods and technical expertise.

13. Maritime mine countermeasures. We will align plans for elements of mine countermeasures equipment and systems. This could provide efficiencies, ensure interoperability and help sustain the Franco-British industrial base in the underwater sector. We will therefore establish a common project team in 2011 to agree the specifications for a prototype mine countermeasures system.

14. Satellite communications. We will assess the potential for co-operation on future military satellite communications, with a view to reducing overall costs while preserving national sovereignty. We aim to complete a joint concept study in 2011 for the next satellites to enter into service between 2018 and 2022.

15. Air to air refuelling and passenger air transport. We are currently investigating the potential to use spare capacity that may be available in the UK’s Future Strategic Tanker Aircraft (FSTA) programme to meet the needs of France for air to air refuelling and military air transport, provided it is financially acceptable to both nations.

Unmanned air systems

16. Unmanned Air Systems have become essential to our armed forces. We have agreed to work together on the next generation of Medium Altitude Long Endurance Unmanned Air Surveillance Systems. Co-operation will enable the potential sharing of development, support and training costs, and ensure that our forces can work together. We will launch a jointly funded, competitive assessment phase in 2011, with a view to new equipment delivery between 2015and 2020.

17. In the longer term, we will jointly assess requirements and options for the next generation of Unmanned Combat Air Systems from 2030 onwards. Building on work already started under the direction of the UK-France High Level Working Group, we will develop over the next two years a joint technological and industrial roadmap. This could lead to a decision in 2012 to launch a joint Technology and Operational Demonstration programme from 2013 to 2018.

Defence industry

18. We have reached an agreement on a 10 year strategic plan for the British and French Complex Weapons sector, where we will work towards a single European prime contractor and the achievement of efficiency savings of up to 30%. The strategy will maximise efficiency in delivering military capability, harness our technologies more effectively, permit increasing interdependence, and consolidate our Complex Weapons industrial base. We plan to launch a series of Complex Weapons projects in 2011 (development of the anti-surface missile FASGW(H)/ANL, assessment of enhancements to the Scalp/Storm Shadow cruise missiles, and a joint technology roadmap for short range air defence technologies). Co-operation in this industrial sector will serve as a test case for initiatives in other industrial sectors.

Research and technology

19. We will continue with our significant R&T co-operation, devoting an annual budget of €50m each to shared research and development, with the aim of increasing this where possible. Our joint work will focus on a set of 10 priority areas that will include time critical research support to satellite communications, unmanned systems, naval systems and complex weapons. It will also include new areas of critical industrial importance such as sensors, electronic warfare technologies, and materials, as well as novel areas such as simulation and a jointly funded PhD programme.

Cyber security

20. Cyber attacks are an increasing challenge for the security of government and critical national infrastructure, especially at times of conflict. Our national infrastructures increasingly rely on connected information technology and computer networks. France and the UK will stand together in confronting the growing threats we face to our cyber security. We have therefore agreed a framework which will govern our enhanced co-operation in this crucial area, leading to strengthened individual and common resilience.

Counter-terrorism

21. We are committed to confronting all forms of terrorism, at home and abroad, and remain vigilant in the face of the ongoing threat to our countries. We plan to develop our excellent co-operation in the following areas: the early detection of terrorist activities and terrorist recruitment; the sharing of information on changes in the national threat level; the prevention of terrorism through nuclear, radiological, biological, chemical and explosive devices, including through the Cyclamen programme for screening traffic passing through the Channel Tunnel; the protection of our populations and critical infrastructure; the security of commercial aviation; and our support to build the capacity of countries outside Europe for the fight against terrorism.

International security

NATO

22. NATO remains the fundamental guarantor of Europe’s security. We share the same objectives for the forthcoming NATO Summit in Lisbon. In particular, we are looking for major decisions on reform to ensure NATO’s efficiency and effectiveness. We also want a new Strategic Concept that: makes clear NATO’s continuing commitment to collective territorial defence and to addressing threats to Allies’ security wherever they stem from; addresses new threats to Allies’ fundamental security interests; and underlines NATO’s desire to work with a wide range of partners. In this context, we will pursue closer co-operation across the board between NATO and the EU, and a lasting partnership between NATO and Russia based on practical co-operation and reciprocity.

23. As long as nuclear weapons exist, NATO will remain a nuclear alliance. British and French independent strategic nuclear forces, which have a deterrent value of their own, contribute to overall deterrence and therefore to Allies’ security. These national minimum nuclear deterrents are necessary to deter threats to our vital interests. We will support a decision in Lisbon on territorial missile defence, based on the expansion of the ALTBMD system, which is financially realistic, coherent with the level of the threat arising from the Middle East, and allows for a partnership with Russia. Missile defence is a complement to deterrence, not a substitute.

European Union

24. We continue to support the objectives and full implementation of decisions taken by the December 2008 European Council, under the French EU Presidency. In particular we encourage all European Union members to develop their military, civilian, and civilian-military capabilities, so that European countries can become more effective at delivering security and responding to crises.

25. European Union operations off the coast of Somalia and in Georgia, Bosnia and Kosovo contribute to the overall security of NATO Allies. We will encourage closer co-operation and complementarity between the EU and NATO. We look forward to further progress by the end of 2011 and will work with the Belgian, Hungarian and Polish EU Presidencies to that end.

Counter-proliferation

26. The proliferation of weapons of mass destruction and their means of delivery is among the most serious threats to international peace and security. We will work to strengthen the Nuclear Non-Proliferation Treaty, one of the cornerstones of the international security architecture, and will support ongoing efforts across its three pillars: non-proliferation, the peaceful use of nuclear energy, and disarmament. We call on all countries to adopt robust measures to counter proliferators such as Iran and North Korea.

Iran

27. Iran’s nuclear proliferation activities and its persistent violation of IAEA and UN Security Council Resolutions are of the utmost concern. A choice by Iran’s leaders to respect these Resolutions and to resolve the concerns of the international community would open up a wide range of new opportunities for the Iranian people. We call on Iran to engage in serious dialogue with the Six in order to agree a credible solution, consistent with Security Council Resolutions that would provide a long term guarantee of the peaceful nature of Iran’s nuclear programme. Until such a solution is in place, we call on all countries to follow the EU’s lead by implementing stringent, targeted sanctions.

Afghanistan

28. We commend the bravery and sacrifice of our forces in Afghanistan and of their Afghan and ISAF comrades. The long term stability of Afghanistan and Pakistan and the elimination of the terrorist threat are crucial for our security. Afghan and international efforts are bearing fruit. We will enhance our contribution to the NATO-led effort to train Afghan forces. At the NATO Summit in Lisbon, we expect NATO to launch an orderly transition process for the transfer of security responsibilities to the Afghan authorities, in those areas where the conditions allow. We also call on the Afghan authorities, consistent with their commitments, to improve governance and to fight drug trafficking. We support the Afghan government’s efforts to extend a hand to insurgents who renounce terror, cut all ties with Al Qaeda and accept the Afghan Constitutional framework.

Pakistan

29. We recognise the major challenges faced by Pakistan: devastating floods, violent extremism and militancy, democratic reform, and economic stability. We are determined to help Pakistan transform itself into a more stable, prosperous and democratic country by providing development assistance and supporting greater trade and investment. We will build a long term partnership with Pakistan, both bilaterally and through the EU and the Friends of Democratic Pakistan group. While we recognise the increased actions taken by Pakistan towards tackling violent extremism within its borders, we call on Pakistani civilian and military authorities to redouble their efforts to fight and defeat terror networks and Taleban sanctuaries.

Summary

30. We have instructed the Senior Level Group, which will be set up under the terms of the new Treaty for Defence and Security Co-operation, to oversee work in all of these areas and to report back to us at our next Summit to be held in France in 2011.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).