Cathy écrit à Anders Fogh : resserrons nos liens

Ashton et Rasmussen lors de leur précédente rencontre en mai (Crédit : OTAN)

Ils ne se quittent plus ! Anders Fogh et Cathy. Cathy et Anders Fogh. Ils se sont vus à Bruxelles la semaine dernière. Ils se retrouvent vendredi à Lisbonne (1)… Et quand ils ne se voient pas, ils s’écrivent…

La Haute représentante de l’UE vient d’écrire à son alter ego à l’OTAN pour l’assurer de la volonté de renforcer les liens entre les 2 organisations. Démarche conforme au mandat qu’elle a reçu des 27 au Sommet européen de septembre (2). Les deux organisations sont en effet présentes sur certains terrains communs comme le Kosovo, l’Afghanistan, les côtes somaliennes et en Bosnie-Herzégovine.

Selon le texte que j’ai pu lire, Cathy Ashton confie ainsi la « grande importance » qu’elle attache à ce que les relations UE-OTAN évoluent. Une série de « propositions concrètes » ont été présentés en février dernier, avec notamment des réunions régulières à plusieurs niveaux (3). Et un travail en commun a été décidé sur deux sujets pratiques : le soutien médical aux opérations et les bombes artisanales (IED). L’objectif est aussi que la mission de police de l’UE en Afghanistan (EUPOL) travaille en « étroite coopération » avec la mission d’entraînement de l’OTAN pour la formation de la police civile.

Bêtir une relation de confiance autour de la Turquie et Chypre

Mais reste à régler le problème principal qui pèse sur les deux organisations : l’absence de relations entre la Turquie et Chypre. Plutôt épineux. Comme le dit Cathy Ashton  « Nous avons, tous deux l’ambition de faire plus et devons travailler étroitement avec Chypre et la Turquie pour identifier tous les chemins possibles des deux cotés« .

L’idée, selon un proche du dossier, est de s’engager un travail de « construction de la confiance » (confidence building) entre les deux pays ennemis. Et de trouver petit à petit les voies de la raison. Ou comme l’écrit Cathy Ashton, « Notre objectif est de trouver des solutions pratiques aux larges problèmes structurels qui ont entravé le développement d’une relation véritable d’organisation à organisation entre l’UE et l’OTAN sans discrimination entre alliés de l’OTAN et Etats membres de l’UE ». Autrement dit, il ne s’agit pas à l’un de faire l’effort et à l’autre aucun, comme on avait un peu l’impression à écouter Rasmussen, plutôt prolixe sur la question (3).

(1) Cathy Ashton participe en effet à la réunion de l’OTAN suivi par un diner informel des ministres des Affaires étrangères

(2) Cathy va recevoir un mandat des « 27? pour négocier avec l’OTAN

(3) Lire également :

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).