La « frontière » se renforce en Géorgie, les observateurs européens inquiets

Véhicules des observateurs européens (crédit : Eumm 2010)

La mission européenne d’observation en Géorgie (EUMM) est inquiète. Et vient de l’exprimer, très officiellement.

En effet, « le 25 novembre, une patrouille d’EUMM a pu observé 7 personnes armées, russes et sud-ossètes, accompagnant 3 civils sud-ossètes, qui exerçaiet des activités de mesure sur le terrain le long de la ligne frontière administrative, à proximité du village de Ditsi. » « Ce n’est pas la première fois – précise-t-on au PC de la mission EUMM -, qu’une telle activité de mesure est signalée. La Mission a des indications concordantes que cela fait partie d’une politique plus large de démarcation unilatérale d’une frontière. EUMM est préoccupée par ces «travaux de délimitation des frontières », car ils sont incompatibles avec le principe de l’intégrité territoriale de la Géorgie, pleinement soutenue par l’Union européenne. »

Peut-on ajouter, que ce geste n’est pas un signe très encourageant par rapport à la politique de la main tendue du président géorgien Saakashvili, au Parlement européen mercredi (1), politique un peu tardive il est vrai. Mais remarquons aussi qu’il correspond à un certain état d’esprit qui se dégageait de plusieurs commentaires d’experts politiques ou diplomatiques lors du sommet OTAN-Russie sur une espèce de nouveau « partage », tacite, entre Russes et Américains (2).

Lire également :

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).