Boues rouges en Hongrie : l’armée convoquée, la MIC en alerte

Crédit : ministère hongrois de la Défense

(BRUXELLES2) Dans l’ouest de la Hongrie, l’armée a été appelée à la rescousse, après la rupture d’un réservoir dans une usine d’aluminium à Kolontáron (dans le canton de Veszprém, à l’ouest de la Hongrie). Avec ses tenues NBC et ses engins lourds, aux cotés des pompiers, ils tentent de bloquer les tonnes de boues qui se sont déversées. Les moyens logistiques – générateur, véhicules de ravitaillement, camions bennes – ont été également mobilisés. Les recherches continuent pour rechercher les 3 personnes restant disparues. Mais l’espoir reste maintenant très tenu. La catastrophe a fait 7 morts, 1 disparu et 120 133 blessés…

Le gouvernement atteint du syndrome russe

Les dirigeants de l’usine d’où sont parties les boues se veulent rassurants, estimant que le Danube ne sera pas atteint. Même optimisme du coté gouvernemental, qui semble atteint du syndrome typiquement russe, que l’on a vu à Tchernobyl en 1986 ou encore récemment lors des incendies de forêts de l’été 2010 : tout est sous contrôle, refus de l’aide extérieure… Le Premier ministre Viktor Orban en visite hier sur place a ainsi tenu surtout à pointer du doigt une erreur humaine et préféré parler de l’avenir, l’installation d’un autre village avec le redémarrage de l ‘usine.

Mais la teneur sur place est plus inquiétante. Car rien, sur place, n’est pas encore maîtrisé (situation confirmée à la Commission européenne). Et la seule solution trouvée pour diminuer la pollution est de déverser du plâtre dans le fleuve, le Marcal, pour faire baisser l’alcalinité de l’eau. Le PH qui était ainsi de 13,5 au jour du déversement des boues, est d’un peu plus de 11 aujourd’hui ; et les autorités espèrent atteindre assez rapidement le seuil de 10. Les différents cours d’eau à proximité pourraient être atteints, et par ricochet, le Danube (qui passe ensuite en Croatie, Serbie et Roumanie), au nord. La catastrophe s’est produite, également, tout proche d’une des régions les plus touristiques de l’est européen, le Lac Balaton, forte de plusieurs zones naturelles protégées.

La MIC en état d’alerte

Coté européen, la cellule de crise (MIC) n’a pas encore été activée. Ainsi que l’explique un responsable européen à Bruxelles2 : « Le MIC a été en contact avec les autorités hongroises depuis l’accident et est prêt a coordonner l’aide nécessaire à partir du moment où la Hongrie la demande. (Mais) pour l’instant, l’information reçue des responsables de gestion de crise sur le terrain est qu’avec les capacités nationales ils peuvent gérer la situation. S’ils ont besoin de davantage d’aide le Mécanisme Européen de Protection Civile peut être activé en quelques secondes. » (1).

(1) Un Mécanisme finalement activé, lire ici

Voir Le site du gouvernement hongrois sur la catastrophe

(mis à jour 9 octobre).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).