Un Finlandais va-t-il prendre la tête du SitCen ?

L’actuel chef de la Sureté nationale finlandaise (SIPO), Ilkka Salmi, pourrait bien être le prochain chef du SitCen, le Centre de Situation (alias les services de renseignements européens). Il succède ainsi au Français Bergamini, qui assure l’intérim depuis le départ du Britannique Shapcott, et avait été, un moment, pressenti pour prendre la tête des services. Mais apparemment, c’est le Finlandais qui aurait, finalement, été choisi, selon Helsinki. Aucune confirmation, pour l’instant du coté de la Haute représentante, ou on précise que la décision n’est pas (encore) prise. Mais selon nos informations, la décision pourrait être imminente ; l’entrée en fonction étant prévue, au plus tard, le 1er décembre.

Dirigeant depuis trois ans le SUPO, âgé de 41 ans, c’est un junior qui arrive ainsi à la tête du « Service des services ». Né le 20 décembre 1968, diplômé en droit de l’université de Turku (1992) et de la Vrije Universiteit Brussel (l’université libre de Bruxelles, coté flamand, 1993), Ilkka Salmi commence sa carrière dans un cabinet privé d’avocats, devient conseiller du parti de la coalition nationale (Kansallisen Kokoomus) au Parlement et ensuite au Parlement européen, comme conseiller spécial (1995-1996). Conseiller au cabinet du Premier ministre (2001) puis conseiller spécial du ministre de l’Intérieur, Ville Itälän (2002), il intègre ensuite le SUPO en 2004, dont il devient un des principaux responsables, avec notamment comme spécialité le Moyen-Orient et la lutte anti-terroriste. Il a été également conseiller du ministre de l’Intérieur, Anne Holmlund.

Et à l’agence de Défense ?

Outre le SitCen, plusieurs postes sensibles sont actuellement en jeu, notamment celui du directeur de l’Agence européenne de Défense. Le poste est devenu vacant après le départ en fin de mandat de l’Allemand, Alexander Weis. Les derniers entretiens ont lieu en ce moment. Parmi les trois candidats sont en lice – un Finlandais, un Français (une) ainsi qu’un Italien – c’est le général italien, Carlo Mingrassi, actuel numéro 2 de l’agence, qui semble favori.

Une petite claque française

Si ces deux nominations venaient à être confirmées (ce qui n’est pas encore fait), ce serait, d’une certaine façon, une petite claque pour l’appareil diplomatico-militaire français. Bernard Kouchner s’est peut-être réjoui, un peu vite et un peu bruyamment, de la nomination de Pierre Vimont au poste de secrétaire général exécutif du service diplomatique (SEAE).

Du coté français, c’est pour l’instant plutôt Trafalgar… Après n’avoir réussi à obtenir aucun « grand » poste dans la première vague de nomination d’ambassadeurs (les Français nommés viennent de la Commission européenne, et tous les candidats venus du Quai d’Orsay n’ont pas réussi à franchir la dernière étape, des auditions par la Haute représentante), la France pourrait ainsi voir lui échapper deux postes stratégiques qui lui tenait à coeur (SitCen et Agence de Défense). La France paierait ainsi, cash, le poste de premier plan obtenu au service diplomatique.

De façon générale, on assiste d’ailleurs dans les structures européennes de gestion de crise à un reflux de la vague tricolore. Mis à part Claude-France Arnould à la CMPD, direction de planification civilo-militaire, les Français se retrouvent réduits à portion congrue depuis le départ de Bentegeat du Comité militaire. A l’Etat-major militaire, il n’y a plus de citoyens hexagonaux dans les premiers niveaux. Et l’Etat-Major civil (CPCC) est actuellement dirigé par un Néerlandais, Klompenhouwer (dont le mandat se termine au printemps).

Cette situation pourrait être assez anecdotique si elle ne reflétait pas un certain état d’esprit qui semble régner à Paris. Où l’Europe de la Défense semble le « cadet des soucis » et la promesse de pousser l’Europe de la Défense, oubliée…

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