L’Estonie franchit une étape supplémentaire dans sa participation à l’opération Atalanta

(BRUXELLES2) Comme son voisin letton, le gouvernement estonien a également approuvé, ce jeudi, l’envoi de soldats dans l’opération européenne anti-piraterie EUNavfor Atalanta entre début novembre et la fin 2011 (1). Je l’ai annoncé tout à l’heure. Quelques précisions. Et commentaires.

Cette participation doit encore être approuvée par le parlement estonien, ce qui devrait être chose faite, d’après les informations recueillies à Tallinn, dans les prochains mois.

Entre 10 et 12 hommes devraient être affectés sur un navire allemand et être disponibles pour servir de détachement de protection embarquée sur les navires civils le temps de l’escorte. L’armée estonienne n’a pas de « marines » en tant que structure constituée. L’unité est ainsi formée de militaires issus de différentes branches de l’armée et tous volontaires. Elle a été structurée et entraînée par la marine estonienne.

De l’utilité de cette participation

Cette participation comme la participation lettone peut, légitimement, interpeller. Mais elle a, pour moi, outre l’objectif, plus politique, d’associer un plus grand nombre de pays à une opération de défense, et l’intérêt militaire de partager un savoir-faire, un double intérêt opérationnel : 1° libérer certaines forces des autres navires de guerre (français ou allemand), 2° avoir une communauté linguistique possible avec les marins des navires marchands. Anciennes républiques soviétiques, la Lettonie et l’Estonie comptent, en effet, nombre de citoyens russophones. Ce qui facilitera sans nul doute la communication avec les marins russes, ukrainiens, géorgiens, moldaves… nombreux à servir dans les bateaux de la marine marchande de par le monde. Tous – ou la plupart – partagent sinon l’amour, du moins, la connaissance de la langue russe. Ce qui dans les situations de tension, ou d’urgence, comme un assaut pirate, est plus qu’utile, nécessaire.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Lire aussi : L’Estonie participe à l’opération Atalanta

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).