L’UE s’inquiète du sort de prisonniers politiques en Erythrée

(BRUXELLES) La situation politique en Erythrée, un des pays les plus fermés au monde (1), n’occupe ni les grands titres des journaux ni les esprits de la plupart des responsables politiques. C’est pourtant un pays clé dans la situation difficile de la Somalie puisqu’il est soupçonné de faciliter (au bas mot) le transfert d’armes aux forces rebelles. Et il est toujours bon de rappeler quand une voix s’élève pour dénoncer la situation, critique, de certains opposants et de la presse. Surtout quand cette voix est européenne. La Haute représentante, Cathy Ashton, si critiquée parfois pour ses absences ou son silence, est, là, dans son rôle, quand elle rappelle que l’UE est « profondément préoccupée par la détention depuis (le 18) septembre 2001 (!) d’un groupe de 11 membres du Parlement et du People’s Front for Democracy and Justice, ainsi que de 10 journalistes indépendants. (Nous avons) peu d’informations sur les conditions de leur santé. Ils font face à une détention au secret, illégale, sans avoir été inculpé d’une infraction, ce qui est en totale contradiction avec les engagements internationaux de l’Érythrée en matière de droits de l’homme ».

9 ans d’une détention, au secret, sans inculpation

Certes, ce n’est qu’une déclaration, qui n’est pas la première, mais dans le silence qui entoure l’Erythrée, elle mériterait une citation quasi-intégrale (2). De récentes informations non confirmées, font état que certains d’entre eux « auraient pu mourir en détention » indique le communiqué de l’UE qui appelle « les autorités érythréennes à rendre public toute information sur le sort des prisonniers politiques et de leur permettre d’accéder à leurs familles et leurs avocats. L’UE demande aussi « fermement, la libération inconditionnelle de ces prisonniers, et de tous les autres personnes détenues pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions. (Elle) déplore en outre la violation persistante par l’Erythrée de ses obligations, en vertu de la loi nationale et du droit international, malgré les appels répétés de la communauté internationale ». Faire plus clair, c’est difficile en langage diplomatique.

(1) Lire également  : Un plénipotentiaire dans un Erythrée fermé au monde

(2) Traduction personnelle. La déclaration étant publiée en anglais uniquement (malheureusement). Télécharger la déclaration de la HR

(Nicolas Gros-Verheyde)