Recruter les nouveaux ambassadeurs de l’UE : « pas évident »

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(BRUXELLES2) Plus de 1000 candidats pour une petite trentaine de postes ouverts au titre de la rotation 2010 des chefs de délégations de l’Union européenne (promis « ambassadeurs » au titre du nouveau service diplomatique) (1), l’enjeu n’est pas mince. Comment choisir ? C’est d’autant moins facile qu’il faut respecter un équilibre géographique au sein de l’Union européenne, un équilibre de recrutement entre les trois sources du service diplomatique (Commission européenne, Conseil de l’UE, Etats membres) et… avoir de bons profils, voire, tout simplement,… des candidats. Et, là, réside le hiatus !

Des destinations qui attirent plus que d’autres

Car comme le résume, lapidairement, un témoin de ces recrutements, on se bouscule pour les postes qui respectent le tryptique « good food », « good weather » et « good connexions ». Beaucoup moins sur les autres. Autrement dit le poste en Argentine ou en Afrique du Sud attire beaucoup plus que celui en Ouganda, au Tchad ou en Irak. En Afrique noire ainsi (qui représentant une bonne moitié des postes ouverts, lire ici), on retrouve le plus souvent les candidats « internes » à la Commission européenne, et bien peu ceux des pays membres (à quelques exceptions près).

Le double langage des nouveaux Etats membres

Les pays d’Europe centrale et orientale, notamment, qui récriminent bruyamment sur leur faible représentation dans le service souffrent d’une faiblesse de candidatures. Ils présentent peu de candidats, et qui se dirigent tous vers la même direction (la Géorgie par exemple ou les Balkans). Or, il n’est pas concevable ni souhaitable de n’avoir dans une région du monde que des ambassadeurs originaires de certains pays. En revanche, il y a très peu d’Africanistes dans les anciens pays communistes (ou alors ils sont à la retraite) et très peu de candidats attirés par ces destinations. Autrement dit, il est difficile de nommer beaucoup de nationaux des nouveaux Etats membres (mis à part ceux qui sont déjà présents dans les institutions européennes).

Où sont les femmes

Autre tendance : la faiblesse structurelle des candidates féminines. Quelle que soit leur administration de rattachement, c’est une constante que l’on observe dans ce premier recrutement. Il y a bien peu de femmes.

(Nicolas Gros-Verheyde)