Van Rompuy songe à développer son propre service diplomatique

Van Rompuy songe à développer son propre service diplomatique

Crédit photo : Conseil de l’UE

(BRUXELLES2) Mais quelle mouche a piqué Herman Van Rompuy ? A quelques jours du sommet informel des Chefs d’Etat et de gouvernement consacré à la place de l’Europe dans le monde, le président (permanent) du Conseil européen semble s’être décidé à se doter d’un « petit » service, chargé de faire des relations extérieures pour son propre compte. Petit, enfin, si on veut… Ce ne seront pas effectivement quelques conseillers qui, comme d’ordinaire, dans un cabinet politique sont chargés de s’occuper des relations diplomatiques (1). Mais, bel et bien, un service à part entière, au sein du secrétariat général du Conseil, doté d’une vingtaine d’administrateurs et du personnel idoine, coiffé d’un directeur général.

Raison officielle invoquée par le Conseil : assurer la logistique et la préparation des différents groupes de travail qui continuent de travailler dans le domaine des relations extérieures, sans être dans le champ du Haut représentant (Commerce,…). Raison officieuse par certains connaisseurs: permettre au Conseil de garder, en son sein, certaines compétences, alors que les principaux effectifs de la DG E (relations extérieures) du Conseil doivent rejoindre le nouveau Service européen d’action extérieure, d’ici fin décembre (certains services y travaillent déjà). Origine de la confusion expliqueront les juristes : le Traité de Lisbonne confie aussi bien au Haut représentant qu’au président du Conseil européen la charge de représenter l’Union européenne à l’extérieur. Quelles que soient les (bonnes) raisons invoquées, l’impression demeure que cette création va rendre un peu plus compliquée la nouvelle organisation des relations extérieures de l’UE.

Alors que le service européen extérieur n’existe pas encore vraiment, qu’il a la délicate tâche d’assurer la fusion entre les services de la Commission européenne, d’un coté (DG Relex, Délégations…), du secrétariat du Conseil, de l’autre (DG E…) ; de l’autre coté de la rue, on s’empresse de recréer un nouvel embryon de service. Un peu absurde… Non ! Et surtout assez inconséquent en période de disette budgétaire, où chaque poste est compté…

Or, l’intérêt du nouveau service diplomatique – le plus grand intérêt diront les connaisseurs – est d’assurer une analyse commune aux différentes structures européennes. Les diplomates du SEAE livrent ainsi leur analyse tant à leur chef, la Haute représentante, qu’au président de la Commission ou du Conseil. Ce qui assure (par le bas) une certaine homogéïnité des positions de l’Union européenne.

(1) Au cabinet Van Rompuy, la cellule relations extérieures est composée de 4 personnes, dont le Hongrois Zoltán Martinusz (ancien ambassadeur à l’OTAN et ancien directeur « Balkans » du Conseil de l’UE) qui assure la coordination de l’action diplomatique.

(Nicolas Gros-Verheyde)