La Suède et la Finlande plaident pour un institut européen pour la paix

(BRUXELLES2) Un institut européen pour la paix ? C’est la proposition que viennent de faire la Suède et la Finlande. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Carl Bildt et Alexander Stubb ont, en effet, écrit à Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, pour proposer la création d’un institut européen de la paix financé par les Etats membres. « Avec le service d’action extérieure, l’UE a l’opportunité de promouvoir la paix et la stabilité de façon plus efficace. Mais les efforts de la diplomatie traditionnelle ne sont pas suffisants » expliquent les ministres.

Un tel institut aurait un rôle utile, plaident les deux ministres. Il « pourrait s’engager dans des activités de résolution des conflits dans le monde. Il pourrait former les Européens à des situations où la diplomatie classique n’est pas toujours optimale. Il pourrait aussi puiser dans l’expertise des ONG qui n’est pas toujours disponible pour les décideurs ». « Nous avons besoin d’acquérir de meilleurs instruments pour la prévention de conflits, pour la médiation et pour la diplomatie indirecte », considère Carl Bildt. « Cet institut pourrait faire démarrer une nouvelle sorte de débat » précise son homologue finlandais, Alexander Stubb. Quant au financement, celui-ci pourrait être assuré par les Etats membres et les institutions européens. Et des Etats européens non membres pourraient aussi s’engager dans des activités de l’Institut.

L’expérience Ahtisaari et le modèle de l’USIP

Cette proposition marque une volonté très nordique d’imprimer au service européen d’action extérieure une tonalité, restée jusqu’à présent très discrète au niveau européen (mis à part l’activité d’observation électorale qui joue sur un autre registre). La Finlande, notamment, entend d’ailleurs plus généralement faire de la médiation de paix une de ses marques de fabrique sur la scène internationale.

Les Européens pourraient tirer profit, argumentent-ils de l’expérience de l’ancien président finlandais, Marti Ahtisaari, qui à partir de ses différentes expériences de médiation (en Namibie, Bosnie, Kosovo, Indonésie…) a développé son propre institut, Crisis Management Initiative (CMI). Les ministres s’appuient également sur le modèle développé, outre-Atlantique, de l’U.S. Institute of Peace, qui a été créé et financé par le Congrès mais se définit comme « indépendant » et « non-partisan ».

Les chercheurs du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) ont réalisé une étude pour le compte du Parlement européen qui définit ce que pourrait être cet institut de l’UE pour la paix. Télécharger le document (« A Blue Print for an EU institute for Peace »).

(Nicolas Gros-Verheyde)