Catastrophes dans l’UE : Georgieva veut accélerer le déblocage des fonds

Catastrophes dans l’UE : Georgieva veut accélerer le déblocage des fonds

(Crédit : Commission européenne)

(BRUXELLES2) La commissaire européenne chargée de la Protection civile, la Bulgare Kristalina Georgieva, souhaiterait que l’aide apportée à l’intérieur de l’Union européenne ait la même efficacité que celle apportée à l’extérieur. Elle l’a confirmé, lors de sa conférence de presse du 18 aout dernier consacré essentiellement au Pakistan. « C’est un peu anormal — a-t-elle expliqué, répondant à une question posée par une consoeur de la télévision polonaise — j’ai la possibilité de déclencher dans les 24 heures une aide financière jusqu’à une limite de 3 millions d’euros quand il y a un sinistre dans un pays qui n’appartient pas à l’Union européenne (la Moldavie ou l’Ukraine) dans le cadre de l’Office d’aide humanitaire (ECHO) (1). Mais pour la Pologne ou la Roumanie, je ne le peux pas. » Et les fonds, issus du Fonds de solidarité mettent plusieurs longs mois avant d’être débloqués (il faut une procédure budgétaire avec accord des 27 Etats membres et du Parlement européen pour chaque financement).

La Commissaire veut donc faire « évoluer ce dispositif car cela crée des frustrations pour nos populations ». « Je voudrais proposer un système identique à l’intérieur de l’UE.  Je vais proposer pour les Etats membres d’avoir un paiement en avance, rapide, qui fera la démonstration de notre solidarité. » Cela devrait partie des propositions qu’elle mettra sur la table dans la communication, qu’elle présentera à l’automne (texte présenté à la Commission en octobre, adopté en novembre).

(1) La CE a effectivement formalisé, au début des années 1990, une procédure spécifique en matière d’aide humanitaire permettant de débloquer des fonds le plus rapidement possible. Une aide de première urgence peut ainsi être débloquée, sur simple signature du « plus haut gradé dans la maison » (le commissaire s’il est là, le directeur général ou le directeur de permanence), dans la limite d’un montant de 3 millions. Au-delà, la commissaire à l’aide humanitaire a reçu délégation de la Commission pour prendre les décisions jusqu’à 10 millions d’euros (crise durable) ou 30 millions d’euros (crise d’urgence), après une première évaluation.

(Nicolas Gros-Verheyde)