Ménage d’été au Kosovo

(BRUXELLES2) Les juges et policiers d’EULEX n’ont pas chômé cet été. Le mois de juillet a été particulièrement chargé pour les spécialistes européens de la lutte anti-corruption présents dans le jeune Etat indépendant et leurs homologues kosovars du SPRK. Quelques suspects de haut vol ont ainsi été la cible des hommes et femmes au brassard bleu et jaune. Résultat de plusieurs mois d’enquête. Du beau monde !

Un grand coup de filet anti-corruption

Un ancien secrétaire permanent du ministère de la Santé et son conseiller ont ainsi, été arrêtés, le 13 juillet, sous le coup d’une inculpation pour évasion fiscale. Un ancien juge du district de Pristina, accusé d’avoir eu la main très légère dans les poursuites, a été également interpellé. A la mi-juillet, une douzaine d’inspecteurs ont ensuite perquisitionné à 8 endroits différents – à Pristina et Peja – ainsi qu’au domicile du directeur des Postes et Telecoms (PTK), accusé de s’être servi au passage de la signature des juteux contrats de licences télécom à Dardafon Mobile. L’administrateur informatique du gouvernement du Kosovo a été aussi arrêté, accusé d’avoir fait le ménage dans les disques durs et autres traces électroniques a été interpellé peu après. Le 23 juillet, c’est au tour du gouverneur de la Banque centrale du Kosovo, accusé d’avoir un peu abusé de sa situation pour avoir reçu quelques prébendes et facilité le blanchiment d’argent ainsi que l’évasion fiscale. Une demi-douzaine de perquisitions ont eu lieu aux domiciles de 4 suspects.

...et 3 dossiers de criminels de guerre

Sur le terrain des crimes de guerre, l’été aura aussi été fructueux. Puisque trois enquêtes ont été poursuivies :
– perquisition au domicile d’un des leaders de la KLA (l’armée de libération du Kosovo), qui a été convoqué au tribunal dans l’affaire Bllaca (cet ancien agent des services secrets kosovars, le Shik, qui avait révélé avoir fait partie d’un commando chargé d’exécuter des « collaborateurs » du régime serbe, notamment des cadres de la LDK, le parti de Rugova, et concurrent de Thaci  ;
– arrestation d’un homme accusé de crimes de guerre en juin 1999 à Lipjan ;
– et mise en détention d’un troisième, serbe kosovar lui, extradé de Norvège, et accusé de crimes contre des civils dans la région de Pec, le 28 mars 1999. Ce jour-là, les forces serbes et yougoslaves avaient forcé les Albanais du Kosovo à quitter les lieux, incendiant les maisons et tuant les habitants.

(Nicolas Gros-Verheyde)