L’Ile Maurice dit oui à l’UE pour la traduction des pirates en justice

L’Ile Maurice dit oui à l’UE pour la traduction des pirates en justice

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(crédit photo : les gardes-côtés de Maurice – l’Express mauricien)

(BRUXELLES2) La proposition de l’île Maurice (1) pour accueillir et traduire en justice les pirates arrêtés par les forces européennes anti-piraterie a débouché. Un accord pourrait être signé avec l’Union européenne, à l’occasion du nouveau déplacement de la diplomate en chef de l’UE, Cathy Ashton, dans la région, début octobre.

Afin de se mettre à niveau, l’île de l’Océan indien devrait bénéficier d’un soutien financier et logistique. Il s’agit en effet de mettre en place les structures nécessaires, comme la construction d’un nouveau centre de détention pouvant héberger une cinquantaine de prisonniers, d’un bâtiment pour le tribunal et les salles d’interrogatoires. L’ile Maurice avait mis, en effet, comme condition que les suspects de piraterie ne soient pas mêlés à ses propres prisonniers. La formation des gardes-côtes comme juges au droit de la mer, la fourniture des équipements (véhicules, ordinateurs, radios, vidéo-conférence…) et la mise à disposition d’interprètes sera également compris dans le « package anti-piraterie » mis au point et assuré par l’UNDOC (l’Office des Nations-Unis contre la drogue et la criminalité).

Ce devrait être le troisième accord signé par l’Union européenne avec un pays tiers pour accueillir des pirates après le Kenya et les Seychelles. Et, du côté de Cathy Ashton, on compte bien aboutir à d’autres accords (même si certains pays testés, comme l’Ouganda, ont renoncé à accueillir des pirates).

Une force navale de l’Océan indien sud ?

Plusieurs pays de la région (Comores, Madagascar, Seychelles, Maurice) ainsi que La Réunion française pourraient, en effet, mettre en place une « force navale conjointe« , qui agira aux cotés de la force européenne anti-piraterie et pourrait ainsi sécuriser le flan « sud » de l’Océan indien. Un impératif en matière de sécurité (plusieurs attaques ont eu lieu régulièrement dans cette zone) mais aussi une nécessité économique. Selon la presse mauritoise, les transporteurs de fret (dont dépendent toutes ces îles) ont prévu une augmentation notable du prix du transport de marchandises par voie de mer, de l’ordre de 30-40%. Il y a donc urgence !

Les commandos d’élite de la Special Mobile Force (SMF) et de la National Coast Guards – qui sont les deux forces « militaires » de l’île participeront d’ailleurs à des manoeuvres anti-piraterie, avec les militaires français, en octobre et novembre.

NB: les forces de Maurice sont formées par l’Inde et les Etats-Unis (gardes-côtes), la France (gendarmerie) et le Royaume-Uni.

(1) Lire : L’île Maurice offre ses services dans la lutte anti-piraterie

(Nicolas Gros-Verheyde)