Un pilote de chasse à la représentation militaire française

(BRUXELLES2) Après Jean-Louis Falconi venu tout droit du cabinet de Bernard Kouchner comme  ambassadeur du COPS, il y a un an, c’est une autre arrivée directe d’un cabinet ministériel qui marque la représentation française à Bruxelles. Le vice-Amiral d’escadre Xavier  Païtard, chef du cabinet militaire d’Hervé Morin, prend, le 1er septembre, la tête de la représentation militaire française auprès de l’UE (et de l’OTAN) en remplacement du général De Rousiers (armée de l’air), nommé inspecteur général des armées. Un marin remplace un aviateur. Enfin un marin qui aime bien l’air également.

Dans les airs, un pilote de chasse apprécié des Américains

Né en 1954, diplômé de l’école navale (promotion 1974), Païtard a, en effet, été pilote de chasse de l’aéronautique navale d’abord sur Super Etendard à bord des portes-avions Clemenceau ou du Foch (1980-1983). Fait d’arme, il vole à bord d’avions de combat américains A-7 Corsair (dans le cadre d’un programme d’échanges) et est engagé dans des missions de combat lors de l’intervention sur l’île de la Grenade et pendant la guerre du Liban (1983-84). Il continue de voler ensuite sur Super-Etendard, sert à l’Etat-Major du groupe aéronaval en mer d’Arabie avant de prendre le commandement de la flottille 11F (1988-1990).

Des engagements en Bosnie et aux Comores

Nommé capitaine de frégate, il intègre l’école supérieure de guerre navale et l’école atomique de Cherbourg, dont il sort avec le brevet d’ingénieur atomicien. Chef du groupement opérations sur le porte-avions Clemenceau (1992-1994), il prend part aux opérations aériennes dans l’Adriatique et au-dessus de la Bosnie (guerre d’ex-Yougoslavie). Il prend ensuite le commandement de la (célèbre) frégate Floréal (1994-1996), dont le moindre des faits d’armes, alors, sera l’intervention en 1995 aux Grandes Comores après le coup d’Etat du mercenaire français Bob Denard. Il dirige ensuite, à l’état-major de la marine, les destinées du Charles de Gaulle, le porte-avions emblème de la Royale, lancé à l’eau (non sans difficultés) en 1999.

Allers et retour entre le national et le multinational

Horizon plus calme, ensuite, Xavier Païtard dirige la planification et de l’élaboration des programmes d’études au collège de défense de l’Otan avant d’occuper la responsabilité de la cellule “relations extérieures » chez Michèle Alliot-Marie (MAM) quand elle était ministre de la Défense (2001-2003). Il passe ensuite à Norfolk comme chef de la mission militaire française puis comme responsable de la division “capacités futures, recherche et technologie du commandement allié pour la transformation” de l’OTAN (2004-2005), avant de revenir chez MAM, en 2005, comme son chef de cabinet militaire. Poste auquel il continuera au changement de ministre avec Hervé Morin.

A la tête de représentation militaire française à Bruxelles, le vice-amiral d’escadre participera aux réunions des comités militaires tant de l’UE que de l’OTAN (la France ayant abandonné en même que sa réintégration à l’OTAN le fait d’avoir deux représentants militaires à Bruxelles). Il aura notamment comme tâche de mettre en musique la réintégration des Français dans les différents comités de l’OTAN (déjà entamée) mais aussi de renforcer l’Europe de la Défense – contrepartie avancée à la réintégration de la France dans l’OTAN et promesse qui n’a pas vraiment été tenue (du moins pas encore).

(Nicolas Gros-Verheyde)