La procédure de recrutement du « Top ten » du service diplomatique lancée (maj)

(BRUXELLES2) Après l’adoption par les 27 ministres des Affaires étrangères de la décision établissant le service européen d’action extérieure, le 26 juillet (1), une première vague de recrutement des dirigeants de ce nouveau service diplomatique vient d’être lancée.

La Haute représentante de l’UE, Cathy Ashton a ainsi adressé une lettre aux ministres des Affaires étrangères, au président de la Commission et au secrétariat général du Conseil, afin de préciser les conditions et profils recherchés des dix premiers dirigeants du service diplomatique et leur demandant d’officialiser désormais les candidatures. Ce qui permet d’enclencher immédiatement la procédure de sélection. Une autre liste d’environ 80 postes devrait suivre. Ces postes ne pourraient cependant être validés qu’à partir de l’automne.

Autant dire qu’entre les Etats membres et la Commission européenne, la bataille en coulisses pour les postes n’est pas terminée. Car, outre la compétence et la surface des relations diplomatiques, il est aussi plus que nécessaire pour un service diplomatique européen d’aboutir à un certain équilibre et diversité des candidats. C’est une question d’équilibre entre les différentes diplomaties des Etats membres, ainsi que des institutions (Commission, Conseil…) c’est aussi et surtout une question de légitimité, primordial à l’extérieur… D’où un certain doigté dans le choix des différents candidats quant à leurs compétences (passé diplomatique, politique, civil ou militaire), leurs nationalités, voire leur affiliation politique. Il y aura quelques déçus.

Un organigramme légèrement modifié

L’organigramme diffusé en mars (2) n’a été pas modifié de façon majeure. Et une nouvelle version n’a pas officiellement été diffusée, sauf à titre illustratif aux ministres des Affaires étrangères. Motif: « tout n’est pas encore fixé. Et la Haute représentante veut garder une marge d’ajustement » explique-t-on dans l’entourage de Cathy Ashton. Marge nécessaire également, pour pallier à certaines revendications, notamment du Parlement européen ou d’Etats membres.

Le « Top ten » constituera l’ossature principale du nouveau service. Le Secrétaire général exécutif, les deux secrétaires généraux adjoints, le « Chief Operating Officer », sorte de Directeur général de l’Administration et des Finances, puisqu’il sera chargé des questions de personnel, budgétaire et de protocole, formeront un Quatuor de direction, ou « Corporate Board ».

Le service diplomatique sera divisée en six directions principales dirigées par des « Managing directors » qui auront une compétence soit géographique ou thématique. L’un d’entre eux sera particulièrement chargé des questions multilatérales (ONU, droits de l’homme, désarmement…). Ce « top ten » constituera le « Policy Board », dont devrait être membre également le conseiller juridique et le chef de « l’équipe stratégie » ainsi que le chef du SitCen.

Des départements « horizontaux ». A coté du « Top Ten » figureront des départements plus autonomes rattachés soit au « Corporate Board », soit au « Policy Board » : le conseiller « Legal » (juridique), une équipe « Stratégie et planning », un département « Diplomatie publique »(chargé également de la communication), un département « Coordination » (chargé des relations avec les parlements, non seulement le Parlement européen mais aussi avec les parlements nationaux), un département Administration (chargé de la gestion des ressources humaines, du budget, des finances mais aussi des questions de protocole et de sécurité) placé sous l’autorité du Chief Operating Officer.

Les structures civilo-militaires de l’Europe de la Défense : Etat-Major militaire (EMUE), Etat-Major civil (CPCC), Structure de planification civilo-militaire (CMPD) et service de renseignements (SitCen) conserveront leur autonomie, et seront rattachés directement à la Haute représentante, ainsi que le confirme la déclaration adoptée également le 26 juillet (3).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire également :

les premiers noms cités

Le nouvel organigramme (juillet 2010)

(1) Lire : Le service diplomatique voté au Parlement européen (maj)

Le service diplomatique européen – les textes

(2) Le premier organigramme du Service d’action extérieur, le voici

(3) Déclaration n°3 (à télécharger)