La présidence belge prend le lead de l’UE. Mais avec quel ministre

(BRUXELLES2) En vertu de la présidence tournante (qui a été maintenue par le Traité de Lisbonne (1)), c’est donc la Belgique qui prend en charge la conduite des affaires européennes durant six mois. La priorité de la présidence est donnée à l’économique et au financier. Logique répondant au développement des crises économique, financière et budgétaire (avant d’être sociale). Logique également institutionnelle : le poids en matière extérieure de la présidence tournante étant limitée par la création du service européen d’action extérieure et du rôle renforcé du Haut représentant qui préside désormais le Conseil des Affaires étrangères. Lire aussi : La Belgique : plouf ! Pas de gouvernement mais toujours des priorités UE.

Un ministre de la Défense en ballotage ?

Le gouvernement belge qui assure depuis aujourd’hui la présidence de l’UE est démissionnaire. Et les ministres en titre ne seront peut-être (sans doute) pas tous confirmés. Une interrogation porte donc toujours sur la personnalité du futur ministre de la Défense. Avant les élections, le ministre actuel Pieter de Crem (CD&V) semblait bien partant pour être confirmé, ayant engagé une profonde restructuration (avec suppression de casernes et mobilité à la clé du personnel) dont peu de responsables politiques voulaient hériter (ou assumer).

Il n’en est plus de même aujourd’hui ; même plus du tout ! La déroute des chrétiens-démocrates au niveau flamand aux dernières élections de juin oblige en effet à des choix drastiques. Le parti traditionnel du pouvoir ne pourra plus maintenir le même nombre de ministres au gouvernement, à des niveaux aussi importants qu’aujourd’hui (Premier ministre, Affaires étrangères, Défense, Justice, Fonction publique), il devra choisir. Selon certaines informations, ce poste pourrait être aujourd’hui revendiqué par les Socialistes, peut-être du coté flamand (on parle – entre autres – du retour de Tobback fils, Bruno de son prénom, qui fut ministre de l’Environnement sous Verhofstadt II, et député fédéral SPA). Sa principale charge ne sera cependant pas au niveau européen (sauf évènement particulier toujours possible) mais de gérer la réforme engagée par son prédecesseur. Choix cornélien…

En attendant, c’est le gouvernement actuel qui assure l’intérim. La rencontre informelle des ministres de la Défense à Gand les 23 et 24 septembre pourrait donc bien être présidée par Pieter de Crem.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Contrairement à ce que certains thuriféraires de la Constitution européenne ou du Traité de Lisbonne croyaient (ou voulaient croire)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).