L’Union européenne passe le cap du demi-milliard d’habitants

(BRUXELLES2) Le résultat est tombé hier, des machines à broyer des statistiques d’Eurostat. Au 1er janvier 2010, la population de l’UE27 est estimée à 501,1 millions de personnes, contre 499,7 millions au 1er janvier 2009.

La population de l’UE27 s’est accrue de 1,4 million de personnes en 2009, soit un taux annuel de 2,7 pour 1000 habitants. Cette hausse résulte pour un tiers de l’accroissement naturel (naissances – 0,5 million de personnes +1,0‰) et pour deux tiers du solde migratoire (0,9 million +1,7‰). Par rapport à 2008 : il y a un léger recul du taux brut de natalité?, tandis que le solde migratoire s’est réduit de façon plus significative.

Les Irlandais, Britanniques, Français et Suédois champions du bébé

Les taux de natalité les plus élevés ont été enregistrés en Irlande (16,8‰), au Royaume-Uni (12,8‰), en France (12,7‰), à Chypre (12,2‰) et en Suède (12,0‰) et les plus faibles en Allemagne (7,9‰), en Autriche (9,1‰), au Portugal (9,4‰), en Italie (9,5‰) ainsi qu’en Lettonie et en Hongrie (9,6‰ chacun). La mortalité est plus forte globalement dans les pays d’Europe centrale. Le solde naturel (naissances – mortalité) est ainsi le plus fort en Irlande (+10,2‰). La France (+4,3‰) se classe en 3e position, juste après Chypre (+5,5‰), et devant le Luxembourg (+4,0‰) et le Royaume-Uni (+3,7‰). L’Allemagne est en bas du tableau (-2,3‰) devant la Hongrie (-3,4‰), la Bulgarie, la Lettonie (-3,6‰).

(NVG)

Des statistiques importantes au plan des décisions (analyse)

Le cap du demi-milliard est symbolique au plan extérieur. Il reste loin du milliard dépassé de la Chine ou de l’Inde mais loin devant également les Etats-Unis (310 millions), le Brésil (200 millions), la Russie (140 millions) ou le Japon (120 millions).

Ces statistiques ont aussi une importance au plan interne, en termes de relations de pouvoir, à plus ou moins long terme. Le calcul de la double majorité (amorcé avec le Traité de Nice, renforcé avec le Traité de Lisbonne) se fait, effectivement, en fonction de ces statistiques. Il est intéressant ainsi d’observer que, avec la dynamique démographique, l’écart entre la France et l’Allemagne tend à se réduire, d’environ 600.000 habitants par an (3/4 du à l’accroissement de la population française, 1/4 due à l’accroissement). Si ce rythme se poursuit, d’ici un quart de siècle, le couple franco-allemand sera à égalité de voix au Conseil ! Pure fiction peut-être…

Quant à la répartition des sièges au Parlement européen, qui sont désormais répartis à chaque législature (en vertu d’une résolution d’octobre 2007 selon le principe de proportionnalité dégressive), elle pourrait aussi varier et octroyer à la France (comme à l’Espagne), au moins un siège de plus, dès la prochaine législature (2014-2019).