Les Néerlandais quittent l’Afghanistan, sans leurs interprètes

Les Néerlandais quittent l’Afghanistan, sans leurs interprètes

20100725-laatste-patrouille-ek1030_tcm46-169275.jpg(BRUXELLES2) Les troupes néerlandaises quittent l’Uruzgan (Afghanistan), faute d’un appui politique suffisant aux Pays-Bas pour renouveller la mission (1). Ce sont les Américains et Australiens qui vont prendre le relais. La principale base « Kamp Holland », près de Train Kowt sera transférée le 1er août. Celle de Deh Rawod a déjà été remise aux Américains, le 18 juillet. D’ici décembre, il n’y aura plus de militaires dans cette province afghane.

Les interprètes laissés pour compte

En revanche, les 102 interprètes qui ont assisté les militaires pourraient être laissés de coté. Contrairement aux Américains qui permettent à ces collaborateurs indispensables des militaires de bénéficier du programme de visas, La Haye ne semble pas vouloir imaginer pareille initiative. Ce qui suscite un débat, limité

La Dutch approach

Dans une interview au Telegraaf, le chef d’Etat major des armées néerlandaises, le général Peter Van Uhm vante un « résultat maximum » et la « Dutch approach » : mélange d’action militaire et d’action civile, d’éthique et d’action. Les Néerlandais ont ainsi dépensé 620 millions d’euros pour différents projets d’aide sur un budget total de 2,1 milliards d’euros (soit un ratio de presque un euro sur trois dépensés). En matière militaire, la présence en Afghanistan a permis aussi – selon Van Uhm – de « tester les compétences » – un exercice grandeur nature pour l’armée – et « le nouveau matériel ». Les Néerlandais qui ont engagé jusqu’à 2000 hommes (et femmes) dans la mission de l’OTAN (ISAF) ont perdu 24 militaires tués et 140 blessés, en 4 ans de présence.

Mais une nouvelle technique : le tire au-flanc toxicomane

Des pertes qui ont incité certains militaires à tout faire pour éviter de partir en Afghanistan. Même en se dénonçant comme toxicomanes. C’est une pratique minortaire mais confirmée par le syndicat militaire ACOM-CNV. Le nombre de licenciements pour toxicomanie a augmenté régulièrement depuis 3 ans : 55 en 2007, 79 en 2008, une cinquantaine déjà à la mi-2009. Particulièrement dans les unités pressenties pour partir en Uruzgan. En somme, la version moderne du « porter pâle ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Lire : Rififi à La Haye autour du retrait d’Afghanistan (maj)