Eutm Somalia démarre (5) : une formation combinée avec les Ougandais

Eutm Somalia démarre (5) : une formation combinée avec les Ougandais

Share

(BRUXELLES2 à Bihanga) Les formateurs européens sont arrivés, fin avril, au camp de Bihanga. Le trajet de Kampala a pris quelques heures de plus que d’habitude, un peu plus de dix heures. Les Européens roulaient en convois, escortés par les militaires. Ils ont été salués… par la météo. Pluies, voire même une vraie tempête, ont obligé à naviguer dans la boue pendant quelques jours.

Avec les Ougandais, on peut vraiment parler de formation combinée. Ce qui n’est pas toujours évident. Européens et Ougandais se voienellt donc tous les jours : pour organiser ensemble le planning des formations et les questions pratiques comme l’organisation de la sécurité dans le camp (celle-ci est normalement assurée par les Ougandais). En attendant le démarrage de la formation avec les Somaliens, Ougandais et Européens apprennent donc à travailler ensemble.

Au niveau européen, également, il faut s’accorder. Une centaine de formateurs mais 14 nationalités sont présentes sur le camp. Ce qui est une gageure pour organiser la mission. « Nous avons atteint un nouveau niveau de la multinationalité, ce qui n’est pas facile » commente un officier. « C’est vrai » précise le lieutenant-colonel Alessandro Fiori, commandant de force : « nous avons chacun des modes de pensées différents entre les Nordiques et les Latins. Les uns préfèrent concevoir ce qu’ils vont appliquer ensuite. Les autres préfèrent mettent en oeuvre quitte à redéfinir ou à resserer ensuite. Mais nous avons tous un objectif commun ». Il faut cependant s’accorder sur certaines règles communes pour les entraînements de Somaliens, éviter les contradictions. Les réunions comme celles-là (photo ci-dessous) se tiennent donc régulièrement, entre les différents responsables de formation. Par exemple, pour définir comment former les officiers, organiser un dégagement d’urgence, Etc. Tchad, Liban, Balkans…. la plupart des militaires présents à Bihanga ont déjà cependant servi dans une mission internationale pour l’Otan, l’UE ou l’Onu. Ce qui facilite les rapports. Et, naturellement, la communication s’établit en anglais.

BriefFormationBihanga2235.JPG

Réunion des formateurs au camp de Bihanga © NGV / Bruxelles2

La formation AK-47

La première journée de la formation conjointe depuis le démarrage officiel de la mission, le 5 mai (avec la déclaration de Full operational capability FOC) est plutôt surprenante. Ce sont… les Européens qui sont conviés à venir découvrir l’AK-47, l’arme type du continent africain. Certains râlent contre ce retour à leurs premières classes. Le formateur ougandais ne se laisse pas démonter. Et assure son autorité. Quand arrive le moment des questions, grand silence. Le formateur apostrophe ses recrues d’un jour (dont le niveau va quand même jusqu’au commandant) : « je n’aime pas quand je demande s’il y a des questions et qu’on ne me demande rien. Cela veut dire qu’on n’a pas compris »… Cela suffit. Et la conversation s’engage.

EuropeensEnrainAk47Bihanga-015a.jpg

La formation ougandaise à l’AK47, un formateur qui ne s’en laisse pas compter © NGV / Bruxelles2

Cette formation, absurde en apparence, ne l’est pas pour deux raisons. Comme me l’explique un officier, « bien peu d’Européens, en fait, ont la pratique de cette arme » assez rudimentaire (qui n’est plus qu’en usage en Autriche apparemment). Et d’ailleurs, à l’exercice pratique, montage et démontage de l’arme, très peu ont la dextérité des Ougandais. Pas inutile donc… C’est également pour une question de crédibilité. Si un formateur européen est surpris par ses futurs élèves à ne pas connaître cette arme, « il est cuit » commente un officier. Car c’est avec cette arme, courante en Afrique, que les Somaliens seront formés par les Ougandais.

EuropeensEnrainAk47Bihanga-012a.jpg

Exercice montage-démontage à l’AK47, ceux qui connaissent viennent donner un coup de main à ceux qui découvrent © NGV / Bruxelles2

(Nicolas Gros-Verheyde)