L’évacuation des citoyens UK avec la Royal Navy tourne au flop

(BRUXELLES2) Trop peu, trop tard, mal conçu… On peut résumer ainsi le plan britannique visant à réquisitionner les moyens de la Royal Navy pour évacuer ses concitoyens bloqués sur le continent, en France ou en Espagne, du fait de l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll et de la mise au sol des transports aériens.

Plan annoncé lundi par le gouvernement (lire : La Royal Navy à la rescousse des passagers bloqués). L’opération qui se voulait une réplique de l’évacuation des civils de Beyrouth en 2006, voire de celle des militaires britanniques à Dunkerque en 1940, a fait flop… selon la presse britannique pas avare de symboles et qui relate cette ‘épopée’ (lire The Telegraph et aussi The Guardian).

L’HMS Ocean qui devait aller à Calais s’est dérouté sur Cherbourg. On s’est aperçu – trop tard – qu’il était trop gros pour les entrer dans le port. Quant au porte-aéronefs HMS Ark Royal, qui a quitté un exercice naval près de l’Écosse, il attend toujours dans le sud de l’Angleterre et devrait finalement se diriger vers un autre exercice, de l’OTAN en Atlantique.

Seul le navire de débarquement HMS Albion (L-14) a atteint Santander (Espagne) et a embarqué aux cotés des 440 soldats revenus d’Afghanistan, et coincés en Espagne, environ 250 civils. Une goutte d’eau au regard des 40.000 citoyens britanniques présents ou arrivés dans la péninsule ibérique ! Le navire devrait atteindre les côtes anglaises (Plymouth) ce soir (21 avril) a informé la Royal Navy. Sans être « le luxe » a prévenu le responsable de la logistique, Geoff Wintle. Le bateau est, en effet, au maximum de ses capacités avec près de 1200 personnes à bord. Donc, on était plutôt dans le camping : « avec sac de couchage à la belle étoile sur le pont » que dans le 3 étoiles. Mais « la nourriture est bonne », a-t-il ajouté, en précisant le menu : « steak, frites et curry ». Mais d’une certaine façon, c’est un beau cadeau et de bons souvenirs qui devraient rester aux quelque 250 hôtes (dont plusieurs enfants et adolescents) de cette ‘croisière imprévue’.

(Nicolas Gros-Verheyde)