Attentats de Moscou. Le triumvirat européen vire au ridicule

CartonJaune2.jpg(BRUXELLES2) La triple présence – voulue par le Traité de Lisbonne – d’un président du Conseil européen, d’un président de la Commission européenne et d’un Haut représentant pour les affaires étrangères commence à virer au ridicule. Hier, suite aux attentats de Moscou, les journalistes accrédités ont reçu trois communiqués : à 12h05 Cathy Ashton, à 12h25 José Manuel Barroso, à 12h35, Herman Van Rompuy. Que disent-ils tous ? La même chose. Que dire d’autre d’ailleurs ? Compatir, adresser les condoléances aux victimes, exprimer la solidarité de l’Union européenne. Mais nous ne sommes pas dans une cour de récréation. Où chacun pousse son petit bout de nez, pour dire je suis le plus meilleur car je suis le plus rapide. C’est même indécent et irrespectueux des victimes. Et à chaque événement, c’est pareil. Une petite course à l’échalote pour être le premier. Il faut dorénavant sortir le carton jaune, le carton d’avertissement…

Ce n’est pas sérieux !

Cela ne sert vraiment à rien d’avoir fait le Traité de Lisbonne, si c’est pour arriver à ce genre de procédés ! Madame, Messieurs, un peu d’ordre. Agissez dans l’esprit (et la lettre) des nouvelles institutions : de façon groupée. Un petit communiqué signé par les trois mêmes aura sans doute plus de force que le communiqué de chacun signé dans son coin…

(NVG)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).