EUTM Somalia lancée, nette participation US, premiers détails

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(BRUXELLES2) La décision de lancement de la mission militaire de formation des militaires somaliens  (EUTM Somalia) a été officiellement approuvée, mercredi en fin d’après-midi (par procédure écrite). Le lancement sera effectif le 7 avril. La mission de l’UE – qui vise à former 2000 hommes en deux vagues de six mois – se déroulera en coopération avec les forces américaines et ougandaises. Voici les premiers détails.

140 Européens

L’effectif est aujourd’hui à peu près atteint. Il y a environ une centaine de formateurs (exactement 96 au dernier pointage) et 41 personnels à l’Etat-major. Une cellule de liaison sera basée à Nairobi auprès des Nations-Unies et de l’AMISOM. Une quinzaine de pays européens ont confirmé précisément leur participation : L’Espagne (38), la France (26), l’Italie (18), le Portugal (15) et l’Allemagne (13) fournissent la majeure partie de l’effectif. La Belgique (7 personnes), l’Irlande (5 *), la Finlande (4), la Hongrie (4), la Suède (4), Malte (3) la Grèce (2), et le Royaume-Uni (2).

On peut faire quelques remarques :

– la faiblesse de la participation britannique, étonnante et injustifiable. Et encore est-ce uniquement au sein de l’Etat-Major sans formateurs sur place!

– la participation irlandaise notable quand on sait les débats qui ont animé la campagne de ratification du dernier traité européen (Traité de Lisbonne) ;

– la participation notable du Portugal (plutôt chiche d’ordinaire sur les missions européennes) ;

– un absent de taille (pour l’instant), les Polonais ;

– la présence d’un seul quartier général, sur le terrain. Finie la dichotomie OHQ / FHQ.

Il reste toujours un point qui est en passe d’être réglé : le soutien médical (1). Il pourrait être sous-traité à l’extérieur. Et financé en partie par un pays tiers : les Japonais par exemple. Des Japonais très présent dans l’est de l’Afrique et très engagés pour soutenir le gouvernement somalien. D’autres pays participeront d’un point de vue logistique à l’opération.

Un sérieux coup de pouce américain

De façon générale, les Etats-Unis procurent un soutien notable à l’initiative. Les soldats somaliens seront acheminés en Ouganda à Entebbe par des avions affrétés par les Etats-Unis puis par les Ougandais jusqu’au camp de Bihanga (idem pour le retour). Les stagiaires seront habillés et recevront des équipements individuels par les Américains ; l’Egypte fournira également des uniformes (environ 10.000). Les stagiaires recevront 100 $ d’indemnités par mois (cet engagement devrait être acté sur l’année fiscale 2011). Les Ougandais donneront aux stagiaires une arme légère type AK-47 et deux magasins de munition. Le principe, en effet, est que les stagiaires arrivent à Bihanga habillés et équipés. La traduction sera effectuée par un corps d’interprètes (une quinzaine) financés par les Européens.

Sur place, l’UE construit un camp

L’opération EUTM Somalia comprend un volet logistique discret mais réel. Les Européens ont ainsi entamé et financé la construction de plusieurs installations : un camp pour les 150 instructeurs européens, des dortoirs pour 300 stagiaires, une piste d’atterrissage d’un peu moins d’un km pour accueillir les avions, un stand de tir, un camp d’entraînement, et bien entendu la place pour les parades et cérémonies officielles.

La question du recrutement des recrues est vitale

Les stagiaires seront sélectionnés selon un ensemble de 6 critères : un équilibre géographique et entre clans, la bonne condition physique et médicale, être majeur – plus de 18 ans (pas question de former des enfants soldats), l’aptitude à l’éducation (en sachant qu’en Somalie ce critère est pour le moins difficile à appliquer), une attitude générale, ainsi que l’absence de violations des droits humains. La sélection devrait être faite sur place par les forces somaliennes mais aussi par l’AMISOM. Une enquête de sécurité sera faite sur chaque candidat (elle devrait durer quelques semaines). Il n’est pas, en effet, question d’introduire un terroriste dans le camp ougandais.

Un soutien général à la sécurité

Une conférence devrait être réunie en mai sur le renforcement du secteur de la sécurité en Somalie. Outre l’Union européenne et les Etats-Unis, plusieurs Etats – la Norvège, le Japon, les Emirats arabes unis – ainsi que l’organisation de la conférence islamique – ont indiqué l’intention de soutenir le financement du secteur de la sécurité qu’il s’agisse des forces armées mais aussi les ports, les routes, le gouvernement, la police…

(Nicolas Gros-Verheyde)

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