L’idée d’une Cour régionale pour les pirates fait son chemin

(BRUXELLES2) Une Cour régionale pour juger les pirates ? L’idée fait son chemin lentement, ont confirmé le Rear-Admiral Hudson, chef de la mission anti-piraterie de l’UE (EUNAVFOR Atalanta) et Didier Lenoir, responsable des opérations à la CMPD, quand je leur ai posé la question, ce mardi, à la conférence de presse (lire aussi: Atalanta prolongée de deux ans).

L’idée est intéressante car elle offre une alternative aux solutions actuelles. Les prisons kenyanes et seychelloises ont, en effet, des limites. Le Kenya « nous a dit que son offre rencontrerait des limites de capacité » Idem pour les Seychelles qui ne peuvent accueillir que quelques dizaines de pirates. Le transfert en Europe n’a la préférence de personne, aucun pays n’étant disposé à le développer, sauf en dernier recours, et pour des motifs qui ont plus trait à la visibilité qu’à l’efficacité. Aucun des pirates transférés sur le continent n’est encore passer en jugement ! Quant à l’idée d’une Cour internationale, qui refait surface de temps à autre, et est défendue notamment par les Russes, elle est vraiment très compliquée à mettre en place (nécessité d’un traité international…).

Alors la solution d’une Cour régionale semble s’esquisser comme « une solution de long terme ». Le groupe de contact des Nations-Unies a cependant créé un groupe de travail sur la question. « Même s’il y a des vues divergentes, le consensus commence à se dessiner d’une chambre spécialisée, s’appuyant sur une organisation ou une cour régionale » explique Didier Lenoir. « Il reste à en détailler les modalités précises ». En fait, il reste encore beaucoup de travail avant d’avoir un accord complet et une Cour qui fonctionne. Certains pays sont très sceptiques à cette création (Etats-Unis notamment). Le groupe de contact réuni jeudi à New-York, a donné mandat de poursuivre les travaux.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).