A400M : abandonner le programme serait une « absurdité »

(BRUXELLES2)

Je persiste et signe…

1. Ce serait une prime à Boeing. Pour Airbus, abandonner le militaire confinerait, je pense, à davantage qu’un échec momentané, ce serait le commencement du suicide. Sans l’A400M, Airbus fait une croix sur sa prétention à faire une incursion sur le marché « militaire ». Tout l’effort mené depuis dix ans voire plus serait réduit en cendres. Et, dans l’aéronautique, on sait bien que louper une évolution technologique, c’est abandonner le marché. Ses prétentions à entrer dans la cour des « Grands » contre son rival éternel Boeing pourraient, en partie être abandonnées.

2. Ce programme n’est pas fait pour 3, 5 ou 10 ans. L’A400M a une durée de vie de 30 – 40 ans. Sa propension à l’exportation me semble plutôt importante. Car, dans dix ans, il sera en position de domination du marché face à un C130J rénové plusieurs fois mais à la  conception vieillissante et un concurrent russe dont la stabilité en vol n’est pas vraiment prouvé.

3. L’emploi. On l’oublie un peu aujourd’hui. En pleine période de crise, arrêter un tel programme aurait un coût notable en terme industriel et d’emploi. D’autant qu’aucun autre programme ne peut le remplacer au pied levé.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).