La coordination des secours d’urgence, top priorité de la Commission Barroso II

(BRUXELLES2) La pression était forte, des Etats membres, de l’opinion publique, de la presse… Après le séisme en Haïti, l’impression était que l’Europe n’avait pas été très présente, pas suffisamment présente. Lors de la réunion de la Commission, ce mercredi, le débat a d’ailleurs été « animé« , a rapporté un témoin.

Une top priorité... Aussi, José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne a-t-il tenu à le faire savoir aujourd’hui expressément à la presse : « la réponse aux crises, le dispositif de réaction rapide face aux catastrophes, sera parmi les premières priorités de la prochaine Commission européenne, dès qu’elle sera entrée en fonction » (théoriquement le 10 février). On ne part pas de rien, a tenu à rappeler José-Manuel Barroso aux commissaires : il y a le rapport qu’il avait demandé à Michel Barnier sur le sujet, rapport remis en 2006, et restée lettre morte. « Les Etats membres n’avaient pas pu (pas voulu) se mettre d’accord sur les grands axes » a-t-il rappelé. Il y a aussi une communication de 2008 del a Commission européenne qui a sensiblement « renforcé le dispositif existant ». Mais, aujourd’hui, il ne s’agit pas de faire du replâtrage ou d’améliorer « un peu » le dispositif… Il faut franchir un nouveau pas !

Un hub central et une visibilité améliorées. D’autant que le Traité de Lisbonne donne maintenant une base juridique solide pour agir sur ce point. La nouvelle organisation interne de la Commission qui rassemble sous un seul chapeau, et une seule direction réponse humanitaire et réponse de protection civile est « un progrès qui améliore la coordination interne » (à l’intérieur de la Commission européenne). Il y en a besoin. La crise haitienne l’a montré. Il faut faire plus : « améliorer la capacité de l’Union européenne, y compris par la mise en place d’un « hub » central pour coordonner l’aide avec les Etats membres. Ce qui permettra également d’avoir une plus grande visibilité, vis-à-vis de l’opinon publique ». La commission entend aussi oeuvrer, — a-t-il ajouté — pour la mise en œuvre d’un corps volontaire de l’UE » (lire aussi La Grèce propose de créer un corps de volontaires européens).

L’aide à la gouvernance d’Haïti. Concernant plus spécifiquement l’aide à Haïti, la Commission européenne entend poursuivre son effort dans trois voies :
l’aide humanitaire, l’aide à la remise sur pied de la gouvernance du gouvernement haitien et la reconstruction à plus long terme. Une mission d’évaluation conjointe, notamment avec la Banque mondiale, devrait partir et permettre des décisions lors de la conférence internationale sur Haïti prévue en mars à New York.