Les forbans du Surcouf à l’assaut des pirates? Relève dans l’Océan indien


(BRUXELLES2) A l’approche de décembre, c’est le moment des relèves dans les opérations multinationales qui se déploient dans l’Océan Indien. Coté français, c’est ainsi le Primauguet (basé à Brest) qui va rejoindre l’opération Enduring Freedom, après un détour de trois semaines à l’exercice Pean en Méditérannée – auquel participe également le Charles de Gaulle, le Jean Bart… et les marines italiennes et grecques (1). La frégate « Surcouf » (basée à Toulon) est plus proche (actuellement au Canal de Suez d’après mes informations), devrait la précéder dans l’opération Enduring Freedom avant de rejoindre l’opération européenne « Atalanta ». Des forbans à l’assaut des pirates. Cela méritait d’être relevé…

Ces deux frégates sont renforcées par une frégate de la Réunion (actuellement le Floréal). Ces batiments viennent ainsi relayer le « La Fayette » et l’aviso Jacoubet qui rentrent à métropole.

Le Surcouf (F-711) est de la même classe que le Lafayette. Long de 125 mètres et jaugeant 3600 Tonnes, il a été fabriqué il y a 15 ans et mis en service, en 1997. Navire doté d’innovations technologiques, c’est l’instrument type d’intervention en zone de crise, à titre précurseur, de renseignement ou d’embargo, selon la Marine. Il a une autonomie en mer de 50 jours (vivres et carburant) ce qui est appréciable dans une
mission type Atalanta. Il peut atteindre une vitesse de 25 noeuds, dispose d’un l’hélicoptère embarqué Panther et peut embarquer une équipe de commandos. Son équipage est d’environ 150 hommes. L’Océan indien n’est pas une nouveauté : il faisait partie des forces qui sont intervenues pour la libération du Ponant et a escorté ensuite le yacht, une fois libéré vers Marseille (Crédit: DICOD / Sirpa Marine).

Le Primauguet (D-644) est une frégate de lutte anti-sous-marine, de la classe Georges Leygues, type F70. Il est un peu plus gros que le Surcouf. Long de 139 mètres et jaugeant 4900 Tonnes (chargé), il peut développer une vitesse de 21 ou 30 noeuds selon la turbine employée (diesel ou gaz).  Il a plus de 20 ans de bons et loyaux services mais garde une autonomie de 45 jours (8000 miles à 15 noeuds). Doté de deux hélicoptères WG-13 Lynx, à vocation principale de lutte anti-sous-marine, il a un équipage d’environ 240 personnes.


Le Primauguet (Crédit : DICOD / Sirpa Marine)

(1) Plus de détails sur cet exercice, sur le site des réservistes de la marine. A ne pas confondre avec le site des officiers de réserve de la marine (Acoram)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).