Le Parlement soutient une action de formation des militaires somaliens

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(BRUXELLES2) La majorité est sans appel : 479 voix pour, 96 contre, et 54 contreLa résolution était proposée par 5 groupes (chrétiens démocrates du PPE, sociaux et démocrates S&D, libéraux et démocrates ALDE, souverainistes EFD, euroconservateurs ECR), les groupes verts et communistes étaient plutôt contre.

Outre les habituelles condamnations de violations dudroit humanitaire international et l’appel à la cessation immédiate des hostilités, elle met en valeur quatre points :

Le soutien au gouvernement somalien : « son soutien au GFT, placé sous la direction du président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, ainsi qu’à la volonté exprimée par le président de respecter les principes définis dans l’accord de paix de Djibouti« , ce n’est rien, juste des mots, mais un soutien international à un gouvernement en difficulté n’est pas mineur.

• Oui à la poursuite d’Atalanta, mais sceptiques sur son extension au sud. Le Parlement « invite le Conseil à prolonger l’opération d’un an » (*). Même si le pouvoir du Parlement est quasi-nul en matière de PESD, cette forme d’approbation est aussi nécessaire pour donner une légitimité démocratique qui manque actuellement aux missions de la PESD. Plus intéressante est l’avis du parlement qui explique « être favorable à une éventuelle extension de la zone d’opération vers le sud en fonction des activités des pirates (NB : vers le Canal de Mozambique), mais souligne que cette extension ne doit pas affecter l’objet premier de la mission, à savoir protéger les convois du PAM et des autres navires vulnérables, de la flotte de commerce ou de pêche ». Ce qui rejoint, en soi, l’avis du Read-Admiral Hudson qui commande l’opération. Mieux les parlementaires insistent : « la stratégie de sécurité poursuivie et menée par l’opération Atalanta doit s’imposer et qu’il faut même renforcer ses moyens et étendre la zone d’action des forces déployées pour l’opération ». Ce n’est pas un simple satisfecit, c’est un soutien sans appel à une extension.

Appel aux navires à suivre les conseils d’Atalanta. Au passage, les eurodéputés déplorent un fait : que « 35 à 40 % des navires croisant dans la zone ne soient pas enregistrés auprès de l’instance de coordination centrale de la sécurité maritime, et qu’ils ne soient en conséquence pas informés des menaces spécifiques en matière de sécurité; demande dès lors aux États membres de veiller à ce que tous leurs navires soient enregistrés. » Et les parlementaires d’inviter « tous les navires à suivre les recommandations de la force navale ».

Feu vert à l’opération de formation des militaires somaliens, sous conditions. Le Parlement estime nécessaire « le déploiement d’une nouvelle opération PESD d’ampleur limitée parallèlement à l’opération Atalanta pour contribuer à la formation des forces de sécurité du GFT. Car « la lutte contre la piraterie ne sera fructueuse que si l’on s’attaque aux causes du phénomène, qui se trouvent à terre, et résident dans la pauvreté et dans la carence de l’État, et ne peuvent être éradiquées que par l’établissement de la paix, du développement et d’un État en Somalie ». Le Parlement « insiste » cependant « sur le fait que l’adoption du concept ne préjuge en rien de la décision d’activer une mission, laquelle ne peut être décidée qu’après un examen plus approfondi de la situation sur le terrain, en s’assurant que les droits de l’homme sont respectés, que les salaires sont payés, que l’équipement est livré et que les forces de sécurité formées sont intégrées dans des structures de commandement sous contrôle de l’État, de telle sorte qu’à leur retour, elles ne se retournent pas contre le gouvernement qu’elles sont censées protéger ». En fait toutes sortes de conditions sur lesquelles les planificateurs planchent déjà. Mais qui ne peuvent être garantis à 100%…