Des Battlegroups (un peu) plus souples d’emploi

(BRUXELLES2) Les ministres de la Défense devraient s’entendre, mardi 17 novembre, sur une utilisation un peu plus flexible et plus efficace des Battle groups – la force légère de réaction rapide l’UE (2 groupes d’au moins 1500 hommes déployables jusqu’à 6000 km de Bruxelles sont d’astreinte en permanence). Le résultat obtenu est très proche de la proposition suédoise de départ basée sur le volontarisme (lire : L’idée suédoise de modulation des battlegroups), en combinant souplesse et employabilité (je préfère le mot d’efficacité). ll évite,
en revanche, toute la discussion financière, reportée à plus tard. Une analyse « approfondie » doit être menée sur les modalités de  financement comme les possibilités de répartition de la charge financière.

Souplesse. Le concept général n’est pas revu (1). Ce qui est simplement changé c’est qu’il est désormais rappelé noir sur blanc que les battle groups pourront être utilisés dans la « phase initiale » du déploiement d’opérations militaires de l’UE. Cette mise à disposition devra être envisagée dans des circonstances « exceptionnelles », sur une base « volontaire » et décidée au « cas par cas ». Les groupements tactiques « ne doivent pas devenir l’instrument permettant de combler (a priori) les lacunes de la génération de force », rappelle un militaire. Deux conditions entourent donc cette mise à disposition, hors cadre : 1) l’accord des contributeurs du groupement tactique, 2) l’approbation du Conseil. En pratique, les Etats disposés à faire ce type de contribution plus « souple » l’annonceront au préalable (ce à fin de faciliter la planification des battle groups).

Employabilité/Efficacité. L’autre disposition concerne « l’employabilité » des battlegroups, pour faciliter la coopération entre les Etats membres : la coordination de l’utilisation de certaines capacités stratégiques clés (avions…), la mise en commun de moyens ou le partage des contrats commerciaux. Il s’agit d’amortir ainsi le coût pour des pays où l’armée a une dimension limitée ou fait appel au volontariat (comme l’armée suédoise). Mais en aucun cas, souligne un expert du dossier de « compromettre la capacité de réaction » : l’UE gardera la possibilité de déclencher deux opérations de réaction rapide, en même temps, ou de laiesser deux opérations « presque » simultanément (tout est dans le « presque »…). Dernier élément: faciliter l’échange d’informations et le retour d’expériences entre les différents battlegroups, ainsi que la planification précoce. Il s’agit que chacun puisse connaître les « zones » dans lesquelles des opérations de la PESD pourront se dérouler et de s’y adapter. Il est évident que mener une opération dans les montagnes bosniaques ou géorgiennes requiert des moyens et entraînement (légèrement) différents qu’une intervention dans le désert africain ou la région des Grands lacs…

(1) Rappelons que les Battle groups ont pour objectif non seulement d’avoir une capacité d’intervention rapide – et sont donc un instrument de crédibilité et de dissuasion pour la politique étrangère européenne – mais aussi un facteur d’interopérabilité pour les armées européennes car il favorise les entraînements en commun.

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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