Chuchotements près de la porte Brandenbourg. Les 27 doivent s’accorder sur le futur chef de la diplomatie de l’UE

Feu d'artifice à la porte de Brandenburg (crédit : Commission européenne)
Feu d’artifice à la porte de Brandenburg (crédit : Commission européenne)

En marge des cérémonies du 20e anniversaire de la chute du mur à Berlin, où la plupart des chefs d’État et de gouvernement des 27 se sont retrouvés hier, les conversations allaient bon train sur les prochaines nominations européennes. Les 27 doivent, en effet, se mettre d’accord sur les deux nouveaux visages de l’Europe : le président du Conseil européen et le Haut représentant pour la politique étrangère. Un couple tient la route, ou du moins semblait le tenir: Herman Van Rompuy, le discret premier ministre belge, chrétien-démocrate, et David Miliband, le sémillant ministre britannique des Affaires étrangères, travailliste. Au premier, le soin de présider les sommets européens ; au second, la charge de gérer au quotidien, la politique étrangère et la défense européennes. Un attelage qui avait l’avantage d’être équilibré, à la fois politiquement et géographiquement. Avec une certaine logique : « Confier la politique étrangère à un Britannique est le plus sûr moyen d’arrimer la Grande-Bretagne à l’Europe » s’enthousiasme un diplomate européen.

Mais il y a un hic ! Si les Belges, pragmatiques, s’activent déjà pour remplacer leur Premier Ministre « irremplaçable » ; Miliband ne semble pas du tout enclin à quitter la Tamise. La promotion à Bruxelles ressemble à un enterrement de première classe pour le chef du Foreign office qui vise plutôt à reprendre la tête du gouvernement, et du Labour, avec son acolyte, Lord Mandelson, pour tenter de sauver le parti travailliste de la déroute annoncée par les sondages. La pression est, donc, en ce moment forte sur Londres pour inciter Miliband à revenir sur sa position. Sinon les 27 devront se rabattre sur un des deux candidats déclarés : l’ancien chef de la diplomatie italienne, Massimo d’Alema, ou son homologue autrichienne, Ursula Plassnik. Le consensus paraît difficile à obtenir. Mais la présidence suédoise de l’UE voudrait, rapidement, en finir. Un sommet pourrait ainsi être convoqué, sous forme de dîner, dimanche prochain ou la semaine suivante. Entretemps, la dernière ratification au Traité de Lisbonne aura été scellée dans la cire. Le Premier Ministre tchèque, Jan Fischer, a, en effet, décidé, de venir en personne, vendredi, à Rome (*) déposer l’instrument de ratification de son pays, profitant d’une visite officielle, prévue de longue date, au Vatican.

Nicolas GROS-VERHEYDE.
Paru dans Ouest-France, novembre 2009

(*) L’Italie est depuis le Traité de Rome, dépositaire de tous les Traités communautaires.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).