La France veut que la justice seychelloise soit un peu plus active envers les pirates

(B2 à Victoria) Hervé Morin, le ministre de la Défense français, l’a martelé lors de sa visite aux Seychelles, dimanche, à la fois aux journalistes présents et auprès des autorités seychelloises. La dissuasion de la piraterie implique que les « pirates soient jugés ».

Les deux ministres lors de leur conférence de presse conjointe au ministère seychellois des Affaires étrangères © NGV

Les pirates doivent comprendre que leurs actes ne resteront pas impunis

« J’en ai parlé au président Michel, qui était de passage à Paris lundi. (…) Nous souhaitons que les Seychelles mettent en place le traitement judiciaire qui convient afin que les pirates puissent comprendre que leurs actes ne resteront pas impunis. » a-t-il ainsi affirmé lors d’une conférence de presse tenue, dimanche, à Port Victoria (Mahé – Seychelles), au Ministère seychellois des Affaires étrangères avec le Ministre chargé de la piraterie, Joel Morgan (1).

Eviter les libérations faute de preuve

Une manière, très diplomatique, également, d’affirmer un certain mécontentement face à la libération récente de 11 pirates remis aux gardes-côtes seychellois après la capture de l’Alakrana. Le ministre a ainsi pris acte de la « libération faute de preuves ». Mais il entend que la situation ne se reproduise pas à l’avenir. « Nous avons donné notre accord pour que désormais, selon un guide de bonne conduite que les Seychellois vont nous donner, que nos fusilliers commandos puissent faire leur travail. Et que la justice seychelloise ait les éléments pour juger les pirates. » a-t-il ainsi précisé.

Soutien de la France

« L’UE a déjà attribué 800.000 euros pour développer la partie judiciaire du traitement » a indiqué Hervé Morin. « La France soutient auprès de l’UE la demande seychelloise de dégager des moyens supplémentaires pour développer les structures supplémentaires pour le développement des structures pénitentiaires. » De même, le ministre a affirmé la continuation de l’aide technique française avec les Seychelles. « Un capitaine de frégate participe à la restructuration de l’armée seychelloise. Cette coopération va  continuer l’année prochaine, de façon à compléter l’entraînement des forces de défense ». Présent en permanence aux Seychelles, ce militaire participe ainsi au comité de lutte anti-piraterie des Seychelles et conseille également les gardes-côtes pour parfaire leur formation.

Gardes-côtes aux Seychelles : un corps en formation

Les garde-côtes des Seychelles disposent de deux bateaux (l’Andromache et le Topaz). Un troisième va arriver. Le corps compte 200 personnes. Mais jusqu’ici, de l’aveu d’un spécialiste du dossier, leur fonction était « assez calme », ils exerçaient davantage une fonction de surveillance générale, de surveillance des pêches ou de sauvetage ». Avec les pirates, la « donne a changé. Et il s’agit d’être plus offensif ». D’où la nécessité de former ce corps plus spécifiquement à cette nouvelle tâche.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) très exactement, ministre de l’Environnement, des Ressources naturelles et du Transport.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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