Les eurodéputés face au cas Barroso

Ouest-France – édition du 16/07/2009

La reconduction du président de la Commission européenne est soumise à de nombreuses conditions : il y répondra en septembre.

(Strasbourg) Même si les 27 chefs d’État et de gouvernement ont proposé de renouveler le chrétien-démocrate José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, cette nomination ne paraît plus aussi assurée que début juillet. Plusieurs groupes politiques ont profité de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg pour planter des banderilles dans cette candidature. Chacun dans son style !

Liste de candidats « valables »

Le président des Verts, Daniel Cohn-Bendit, habitué à tirer en premier, a commencé par citer une liste de candidats « tout aussi valables ». Par exemple, le conservateur britannique, Chris Patten, ou l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson. Comme lot de consolation, il a proposé que Barroso prenne le poste, créé par le Traité de Lisbonne, de premier président du Conseil européen. Plus brutal, Martin Schulz, le leader des socialistes, a attaqué bille en tête. « Son comportement est partisan et opportuniste. Cela ne correspond à l’image que je me fais d’un président de la Commission » a-t-il expliqué, exigeant un « programme d’action » plus précis.

Le chef du groupe libéral, Guy Verhofstadt, a refusé de s’en prendre à l’homme. Mais lui a demandé aussi plus d’ambition et d’audace. Il veut ainsi que la Commission mette en place un vaste plan de relance européen, avec un grand emprunt à la clé, des ressources budgétaires nouvelles, la création d’un poste de superviseur financier européen et la nomination d’un commissaire européen sur les droits de l’homme et les libertés publiques. En gros, tout l’inverse de la politique suivie depuis cinq ans par Barroso.

Des attaques si vives que le président du PPE, Joseph Daul, ainsi que Michel Barnier, sont montés au créneau pour défendre leur poulain. Le résultat sera connu à l’automne. José-Manuel Barroso, qui doit venir présenter son programme en septembre, a de quoi plancher pendant les vacances. Avec un risque réel, désormais, de ne pas réussir l’examen de passage.

Nicolas GROS-VERHEYDE.