La grande rentrée du Parlement européen

Au Parlement européen, le 14 juillet n’est pas vraiment férié. Au contraire, c’est l’effervescence des grands jours. Un peu, comme à l’école, cartable sous le bras, recommandations pratiques des anciens dans la poche ou à l’esprit, les quelque 370 « petits nouveaux » eurodéputés ont fait leur rentrée. A l’image de la jeune finlandaise Riikka Manner, 27 ans, qui a confié être un peu « stressée » par cette nouvelle vie de cinq ans qui s’ouvre chacun a signé, pour la première fois, la feuille de présence, effectué les dernières formalités et reçu les clés de son bureau, avant de pénétrer dans l’hémicycle. Cette première journée a été consacrée à la mise en marche des structures du Parlement. A commencer par la nomination de son président.

Le suspens n’était pas de mise. Les principaux partis – chrétiens-démocrates du PPE, socialistes et libéraux – avaient conclu un « accord technique » pour soutenir la candidature du Polonais Jerzy Buzek de la Plate-forme civique (PO/PPE), pour les deux premières années et demie de mandat. Avec 555 voix sur 713 votants, il a obtenu sans coup férir une large majorité absolue. Ne lui ont manqué que les voix des communistes qui avaient présenté leur candidat, de certains Verts européens et … des Socialistes français qui ont choisi ainsi de manifester leur mauvaise humeur contre un accord qualifié de contre-nature.

« C’est un grand jour symbolique pour nos dix pays de l’Est de l’Europe » a expliqué Jerzy Buzek juste après sa nomination. « Il n’y a plus de vous et nous mais une Europe partagée ». Et d’ajouter citant le triptyque français « Liberté égalité fraternité, des mots qui résonnent au coeur des Européens également ». Très prudent, trop même, l’ancien militant de Solidarnosc a cependant déçu, lors de sa première conférence de presse, éludant toutes les questions difficiles, comme l’élargissement, le siège de Strasbourg … Dommage.

(Nicolas GROS-VERHEYDE) Paru dans Ouest-France, juillet 2009

• Les Français devraient obtenir la présidence de trois ou quatre commissions parlementaires. Pervenche Bérès (PS), une proche de Fabius à l’Emploi et aux affaires sociales, Alain Lamassoure (UMP) au au Budget, l’élue verte Eva Joly, à la tête de la Commission « Développement », et Arnaud Danjean (UMP), un ancien du renseignement à la sous-commission « Défense et sécurité ».