2 véhicules belges de l’Eufor brûlés, De Crem confirme et balance…

(BRUXELLES2) (maj mardi 10 février) Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem (CD&V – chrétiens-démocrates flamands), a confirmé devant la chambre des députés belge la destruction indirecte de deux véhicules de l’EUFOR à la suite d’une attaque d’hélicoptères soudanais à la mi-novembre. Une information publiée sur ce blog (et provenant de l’ONU mais je n’avais pas la nationalité des véhicules et certains détails).

Répondant en effet à une question d’un député, Denis Ducarme (du Mouvement réformateur, libéral), le ministre a précisé : « Le 17 novembre 2008, une patrouille de l’EUFOR a été survolée par deux hélicoptères de combat soudanais, en territoire tchadien, à 1200 mètres de la frontière avec le Soudan. La patrouille de l’EUFOR clairement identifiée avec marquage « EUFOR » et panneaux de marquage « haute visibilité » oranges était à l’arrêt. Elle se trouvait dans cette région dans le cadre de son mandat de protection suite à des incidents récents impliquant des populations civiles. Les hélicoptères soudanais ont tiré plusieurs roquettes en direction des véhicules, sans les atteindre, mais mettant le feu à la végétation. La patrouille n’a pas riposté. Il n’y a pas eu de blessés, mais les deux véhicules ont été détruits par l’incendie qui s’est propagé. »  Ces véhicules appartenaient aux forces spéciales (du SPG basé à Flawinne, équipé d’Unimog et de jeeps) chargées de faire du renseignement de l’information.

Les engagements de certains Etats pas tenus à 100% !

Le Ministre de la défense a, au passage, remarqué que « Paradoxalement, cette opération humanitaire au Tchad s’avère très dangereuse. » et critiqué « certains engagements d’autres pays européens (qui) n’ont pas été remplis à 100%. » Cette critique peut à mon sens viser la Suède notamment qui avait des forces spéciales sur place au début de l’opération ainsi que la France (*). « Notre rôle principal était de bâtir le campement. La décision que j’ai prise d’envoyer 25 hommes des « special forces » et les circonstances ont fait que le poids de l’opération repose maintenant sur ces derniers et non plus sur ceux qui étaient censés mener cette opération au départ. »

Un petit commentaire

C’est assez original que ce type d’information doive faire le tour de la planète, via New-York et Dublin (c’est une interview du général Nash dans le Irish Times qui a alerté les députés belges). Est-ce un « couac » non seulement dans la communication du Ministre belge mais aussi de l’opération Eufor elle-même ? Je dirai plutôt une certaine prudence, concernant cet incident mettant en cause clairement le Soudan. Alors que les relations entre ce pays et le Tchad allaient vers un mieux, il n’était pas question politiquement de pouvoir alimenter une querelle possible, de « rajouter de l’huile sur le feu ». D’autant que la frontière dans la région est pour le moins « fluctuante ». Selon un expert du terrain, il n’y a « pas en effet de repère physique bien déterminé (comme en Europe) et l’appréciation de la limite de frontière diffère selon les pays ». Précisons que cet incident n’est pas le premier. Comme le rapportent nos collègues irlandais, des avions soudanais viennent régulièrement faire des vols de reconnaissance près de la frontière (le Tchad abritant les forces rebelles au pouvoir en place à Kharthoum). Et on se souvient qu’un homme des forces spéciales françaises était décédé au début de l’opération (lire : Premier mort en opération pour l’Eufor).

(*) Une mise en cause qui peut paraître injuste car ces deux pays ont rempli les missions qui leur avaient été confiées dans les temps indiqués et selon le
principe de la rotation des forces
.

TwitterFacebookLinkedInGoogle+PrintFriendly