Pirates en 2008: + 200%. Mais taux de « réussite » en chute en 2009 ?

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(B2) S’il y a bien un secteur qui n’a pas connu la crise en 2008, c’est bien la piraterie au large de la Somalie… selon le dernier rapport du Centre anti-piraterie du Bureau maritime international (BMI), publié vendredi (télécharger ici). « Les chiffres de 2008 dépassent tous les chiffres enregistrés depuis le début du recensement des actes de piraterie par notre centre en 1991« , confirme Pottengal Mukundan, le directeur du BMI.

Au total, 293 navires ont ainsi subi des attaques, 49 navires ont été capturés en 2008. 889 marins ont été pris en otage, 11 ont été tués et 21 sont portés disparus ou présumés morts… L’essentiel de ce bilan s’est réalisé au large de la Somalie : 111 attaques (+ 200%), avec 42 vaisseaux capturés et 815 marins retenus en otage. 13 navires, avec 242 marins, sont toujours aux mains des pirates, selon le rapport. Deuxième zone plus touchée, au large du Nigeria : 40 attaques, 5 bateaux capturés et 29 marins enlevés. En revanche, autour de l’Indonésie, cela s’améliore nettement : 28 attaques en 2008 contre 121 en 2003. Le détroit de Malacca, coté auparavant comme la zone la plus dangereuse par le Lloyds de Londres, n’a connu que deux attaques en 2008 contre 7 en 2007. NB : pour observer le niveau d’attaques, vous pouvez regarder la , par le BMI, c’est éloquent…

Pour le début 2009, les attaques continuent au même rythme en Somalie, une demi-douzaine depuis le 1er janvier, selon le BMI. Mais est-ce le premier effet de la concentration de forces navales (européennes au sein d’EUNAVFOR Atalanta, alliées de la CTF-150 dirigée par les Américains, russes, indiennes) ? En tout cas, le nombre de « réussites » semble diminuer. Un seul navire a ainsi été capturé. Alors que le « taux de réussite » en 2008 a avoisiné le 1 sur 2 (un navire capturé pour deux navires attaqués). C’est ce taux de « réussite » qu’il faudra surveiller pour voir si l’opération EUNAVFOR Atalanta a un effet opérationnel et non le nombre d’attaques qui pourrait rester identique, voire augmenter encore, avant de décroitre, éventuellement, sous l’effet d’autres mesures.

Autre constat : les pirates sont plus audacieux (vont plus loin), mieux armés et plus violents (ils n’hésitent plus à faire feu). Le nombre d’attaques au cours desquelles des armes ont été utilisées a grimpé de 72 en 2007 à 139 en 2008.

(NGV)