Les nouveaux objectifs chiffrés de la PESD (Sommet du 11-12 décembre)

(B2)En réaffirmant leur attachement à l’Europe de la Défense, vendredi prochain, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement ne se gargariseront pas de mots seulement. Ils devraient aussi s’engager sur des « objectifs chiffrés » afin de « remédier à l’insuffisance des moyens disponibles en Europe en améliorant progressivement les capacités civiles et militaires ». Selon le texte des conclusions que j’ai pu lire, ces objectifs seraient les suivants :

« L’Union doit être effectivement capable, d’ici dix  ans, en ayant recours aux moyens et capacités des Etats, de l’UE et de l’OTAN, dans le cadre de l’objectif de déploiement de 60 000 hommes, de planifier et de conduire simultanément:
– deux opérations importantes de stabilisation et de reconstruction, avec une présence civile appropriée, soutenue par 10 000 hommes pendant au moins deux ans;
– deux opérations de réaction rapide d’une durée limitée utilisant les groupements tactique de l’UE;
– une opération d’évacuation de ressortissants européens (en moins de 10 jours);
– une mission de surveillance / interdiction maritime ou aérienne, dans une zone où les intérêts de l’Union sont en jeu;
– une opération civilo-militaire d’assistance humanitaire allant jusqu’à 90 jours;
– une douzaine de missions PESD civiles de différents formats, incluant une mission majeure qui pourrait durer plusieurs années. »

L’objectif s’il ne paraît pas démesuré par rapport aux menaces en cours et aux missions déjà menées (actuellement l’UE mène 12 missions simultanées, dont 3 militaires et 9 civiles) exige tout de
même un renforcement assez soutenu. Car il s’agit de pouvoir mener toutes ces opérations de front, « simultanément ».

D’ailleurs, le Conseil européen en est conscient puisqu’il explique que « Cette ambition requiert un engagement à développer des capacités robustes, flexibles et interopérables ». Concrètement cela oblige à « sur une base volontaire », recourir à « des formules innovantes de spécialisation, de mutualisation et de partage de grands projets d’équipements, en priorité en matière de planification, de gestion de crises, d’espace et de sécurité maritime ».

Ce faisant, les 27 avalisent également les projets capacitaires déjà approuvées par le Conseil des Ministres de la Défense de l’UE le 10 novembre.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).