L’Opération Atalanta anti-pirates. Dispositif européen et tiers (maj4)

L’Opération Atalanta anti-pirates. Dispositif européen et tiers (maj4)

Share

(B2)L’opération lancée par l’Union européenne, le 8 décembre, de lutte contre les pirates (EU NAVFOR Atalanta) est désormais opérationnelle. Et surtout semble faire des émules. Puisqu’une vingtaine de navires de guerre sont désormais dans la zone (une trentaine à terme.

IOC proclamée

Depuis l’arrivée à Djibouti du bateau de commandement grec, le Psara (le 16 déc), et l’autorisation donnée par le Bundestag (le 19 déc) pour l’engagement de la frégate allemande, déjà sur zone, l’opération a désormais atteint sa capacité opérationnelle initiale (IOC). Une première mission d’accompagnement a eu lieu, entamée dimanche dernier, pour accompagner un bateau du PAM.

Un commandement très européen. L’opération est commandée par le contre-amiral britannique Philip Jones depuis le quartier général d’opération (OHQ) britannique de Northwood. Son adjoint est le contre-amiral français Jean-Pierre Labonne (relevé ensuite par un Allemand). Sur place, le commandant de la force (en mer) est assuré par rotation entre la Grèce, l’Espagne et les Pays-Bas. C’est le commodore grec Antonios Papaioannou qui commande maintenant la force. Il doit être remplacé, en avril 2009, par un officier espagnol, puis par un officier supérieur néerlandais, à partir d’août 2009. La base logistique se situe à Djibouti (avec une quizaine d’hommes).

EU NAVFOR « Atalanta » dure un an, divisée plus ou moins en trois périodes de quatre mois chacune (décembre-mars, avril-juillet, août-novembre). Elle devrait réunir entre 6 à 8 navires, à terme, 2 à 3 avions, et des hélicoptères (chaque bateau en est doté), et 1200 hommes environ. L’opération démarre ainsi avec 4-5 bateaux au début (France, Royaume-Uni, Grèce, Allemagne), 7 bateaux au mois de mai (avec Espagne et Suède). Les Pays-Bas et la Belgique, prenant le relais plus tard.

1ère période –

La France fournit une frégate et un avion de patrouille aérienne (Bréguet Atlantique 2), ainsi que différents moyens logistiques issus de sa base permanente de Djibouti. C’est la frégate de surveillance Nivôse (F-732) qui a assuré la mission au début jusqu’au 15 décembre. Elle est relevée par un aviso le « Premier maître L’Her » (F-792) jusqu »à fin décembre. Et la frégate de surveillance « Floréal » (F-730) – basée à la Réunion – prend normalement ensuite le relais. La Frégate Jean de Vienne (D-643) peut aussi intervenir en renfort.

aviso Premier Maitre l’Her (marine française)

Le Royaume-Uni fournit une frégate, le « HMS Northumberland » (F-238) actuellement (NB : le « HMS Cumberland » (F-85) est rentré au pays).

HMS Northumberland (Royal Navy)

La Grèce fournit le navire amiral, une frégate « Psara« , et son hélicoptère. Qui est arrivé sur zone le 16 décembre. Il avait appareillé du Pirée le 10 décembre et passé le canal de Suez le 13.

L’Allemagne fournit une frégate, le Karlsruhe (F-212), équipé de deux hélicoptères, et des commandos prendront place dans les navires marchands sensibles, et que des heures de patrouilleur aérien. Le MecklenburgVorpommern (F-218) qui participe à l’opération Enduring Freedom pourrait aussi être appelé en renfort. Le gouvernement a fait la proposition, mercredi, et le Bundestag a approuvé ce mandat le 19 décembre (491 voix pour CDU-CSU, SPD, FDP – 55 contre Die Linke, Die Grüne) – télécharger le mandat (en allemand). Le mandat est valable pour une zone maritime de trois millions de km2. Il permet un effectif maximum de 1400 hommes pourront être déployés sur l’opération. « Ce qui donne un peu de souplesse pour exercer notre mission » a expliqué le ministre de la Défense, Jung.

L’Espagne fournit un avion de surveillance P3-Orion, basé à Djibouti. Il a effectué déjà certaines missions de protection sous pavillon national en novembre-décembre.

2e période –

L’Espagne fournira pour la deuxième période, une frégate, le « Victoria » (F-82), ainsi qu’un navire de soutien logistique.

La Suède enverra deux corvettes (160 hommes), un navire de soutien, ainsi qu’une force de sécurité pour accompagner les navires du PAM à partir d’avril. La planification a commencé et le coût de l’opération est évalué à 185 millions de couronnes (environ 17,3 millions d’euros). La décision doit être confirmée par le Parlement (en début d’année).

L’Italie pourrait aussi envoyer une frégate. Mais la décision est encore en discussion à Rome.

3e période –

Les Pays-Bas : une frégate «Hr.Ms. Evertsen» (F-805) avec 180 marins et 25 commandos marine pouvant être embarqués sur les bateaux civils. Un habitué de cette zone puisqu’il avait assuré l’accompagnement des bateaux du PAM de mars à juin 2008. Relayé ensuite d’octobre à décembre par  le « Hr Ms De Ruyter », rentré au pays depuis.

La Belgique fournit une frégate, la Louise-Marie (F-931), basée à Zeebruges, viendra aux cotés des navires néerlandais renforcer la force européenne au cours de la troisième période de l’opération, d’août à novembre 2008.

Etats tiers –

La participation d’Etats tiers à Atalanta n’est pas encore vraiment fixée. Mais la participation de la Suisse pourrait être envisagée (avec des commandos) et celle de la Norvège avait été évoquée à un moment donné.

Les Etats-Unis, le Canada, le Pakistan, le Danemark (*) ont déjà des bateaux dans la zone au titre de la coalition anti terroriste CTF 150 (à laquelle participe également le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France).

Sont également présents dans le golfe d’Aden – sous pavillon national. A défaut d’une « intégration » de certains pays à Atalanta, une étroite « coordination » devrait être envisagée.

• La Russie avec le destroyer Neoustrachimy / Intrépide (712)

• L’Inde a envoyé un destroyer, le Mysore (D-60) – après la frégate INS Tabar – et pourrait envoyer un avion patrouilleur basé à Djibouti.

• L’Iran vient d’envoyer un navire de guerre dans le Golfe d’Aden.

• La Chine envoie trois navires – deux contre-torpilleurs et 1 bâtiment de ravitaillement. Ils partiront de son port de la cote sud Hainan après Noël (le 26).

• La Corée du Sud pourrait également envoyer un destroyer en 2009, après acceptation de son Parlement.

• L »Egypte, l’Ukraine ont indiqué également vouloir envoyer des navires de guerre.

(NGV)

(*) Etat membre de l’UE, il ne participe pas à l’Europe de la défense. En la matière, il est donc considéré comme « Etat tiers », et un accord spécifique doit être conclu pour sa participation.

NB : Mis à jour le 21 décembre.