Récit de Géorgie 5: au quartier général de l’EUMM

Récit de Géorgie 5: au quartier général de l’EUMM

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(B2)C’est sur les hauteurs de Tbilissi, que la mission européenne a établi son quartier général, dans ce qu’on appelle la datcha de Chevardnadze, le premier président de la Géorgie indépendante (et ancien ministre des Affaires étrangères de Gorbatchev), des arbres aux essences rares, des herbes qui folâtrent… Ici on respire un autre air que le bas de ville, encombré de gaz de circulation, aux heures de pointe. Et le calme s’y profile, au contraire des coups de klaxon qui résonnent en permanence dans la ville.


Vue de Tbilissi à partir de la mission © NGV

Logés, d’abord dans une datcha officielle, les Européens se sont très vite repliés – dès qu’il a été aménagé – sur le bâtiment d’coté, qui leur était attribué (question de finances, également, la datcha avait un certain prix. Nb : les bâtiment auparavant publics appartiennent désormais  à une personne privée qui prévoit une opération immobilière). L’ancien bâtiment qui servait aux réceptions d’hôtes étrangers est resté à l’abandon durant plusieurs années. Et la première tâche des « Européens » a été de l’aménager pour pouvoir y travailler. Encore aujourd’hui, les peintres et électriciens sont au travail, pour aménager des bureaux, un peu plus pratiques que les grandes salles.


Siège de l’Eumm Georgia Tbilissi © NGV

Au rez-de-chaussée, l’accueil est réduit au plus sommaire, une table, une chaise, un ordinateur. Bientôt, on pourra y aménager une cafétéria bar. En attendant c’est la femme de ménage qui amène quelques friandises et plats chauds à midi. Bien pratique. Car « ici il n’y a pas grand chose pour manger ».

Au 1er étage, la salle de réunion générale – qui accueille les briefings du matin- et des bureaux, encore en cours d’aménagement (quand j’y suis passé), qui serviront à l’équipe administrative et de soutien (marchés publics, gestion du personnel…). Aujourd’hui encore, tous les plâtres ne sont pas encore secs, au propre comme au figuré.


On peint, on répare, on cable © Ngv

Au 2e étage, le « commandement », la communication et les « opérationnels » (renseignement, liaison avec le terrain…). Ceux-ci sont installés dans une salle magnifique, à faire pâlir de jalousie Javier Solana ou les plus hauts responsables européennes. Parquet au sol, lustres, grandes baies vitrées sur le parc, elle paraît un « peu démesurée presque » pour la petite dizaine d’opérateurs qui y travaillent d’ordinaire. Mais bien pratique pour étaler les cartes (elles sont au mur et on attend encore les tables pour travailler de façon plus précises). On comprend d’ailleurs pourquoi il y a une « top interdiction d’entrer, de photographier. Interdiction plutôt inutile, il faut le reconnaître. Une « connerie » reconnaissent la plupart des agents qui travaillent ici. « Il n’y a rien de vraiment secret ».


la salle opérationennelle (vue d’une partie de la salle) © NGV

Tous les matins, à 9h, les « opérationnels » prennent possession de la salle de réunion, pour un tour d’horizon rapide : renseignement, planification, conduite des opérations, etc… Puis à 10h30 c’est la réunion avec tout l’Etat-Major. Chacun des responsables (opérations, renseignement, presse information, politique) fait le point de ce qu’il a remarqué. Tous les jeudis, une réunion avec tous les ambassadeurs présents dans la capitale géorgienne (de l’UE mais aussi de pays comme les Etats-Unis), et des autres organisations impliquées comme l’OSCE, l’ONU…) a lieu. A cette réunion, où il y a environ 20 à 30 personnes, commence par un point de situation de la semaine écoulée (avec les évènements marquants). On « croise les rapports » des autres organisations présentes sur le terrain (Osce ou Monug). Mais il n’est pas question encore de « coordonner les patrouilles »…

 (NGV)