Vers une coopération accrue avec le Canada

Une « coopération accrue » dans le domaine de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) pourrait être proposé au prochain sommet Ue-Canada, le 17 octobre. Un programme de travail a, en effet, été élaboré, contenant différentes mesures.

Participation aux missions. Le Canada pourrait participer davantage aux opérations de gestion militaire et civile des crises menées par l’UE et aux mesures d’accompagnement, est-il ainsi précisé. En Afghanistan, dans le cadre de l’opération de formation de la police (Eupol), il s’agit de conforter le déploiement des Canadiens affectés à l’équipe de reconstruction provinciale de Kandahar, de se concerter sur la réforme du secteur de la justice/sécurité dans le pays ainsi que sur la task force de gestion des frontières. Dans les territoires palestiniens (Eupol Copps), le déploiement de deux Canadiens se termine dans la mission de soutien à la police et aux prisons palestiniennes. Une contribution sous une autre forme (financière) et la possibilité de déploiements futurs doit être étudiée.

Cadre général. De façon générale, l’UE estime qu’il faut « étudier les moyens et faciliter un soutien canadien à d’autres missions / opérations PESD », y compris militaires. Pour faciliter cette coopération, l’UE envisage d’améliorer les modalités de participation des Etats tiers aux missions PESD, en augmentant la fréquence de réunions du comité des contributeurs (à Bruxelles), complétées de réunions informelles d’information. Elle veut aussi préparer un « cadre révisé pour les contributions canadiennes, en nature (équipement) ou financières aux missions PESD. L’UE indique qu’elle envisage la possibilité de conclure un « accord sur la protection consulaire », utile notamment pour l’évacuation des ressortissants ; et d’étudier les moyens de coopération en matière de réaction aux crises et de protection des civils. La possibilité de conclure un accord de sécurité pour l’échange d’informations classifiées pourrait aussi être étudiée.

Soutien en Afrique. Le programme de travail prévoit la possibilité que le Canada participe davantage aux soutien des capacités africaines de maintien de la paix. Le Canada pourrait ainsi participer à Euro-Recamp – le dispositif de formation des armées africaines -, via notamment le Centre Pearson (un centre spécialisé dans le maintien de la paix, qui forme les casques bleus, membres d’ONGs qui partent en mission difficile. Il prépare régulièrement les scénarios qui servent de trame aux exercices de l’UE).

Formations. Enfin, l’UE entend également échanger davantage avec le Canada en matière de formation. Des formations à la PESD pourraient ainsi être proposées à la task force « stabilisation et reconstruction du Ministère des Affaires étrangères (Start) et à des groupes plus larges d’experts civils canadiens. Et le Canada « devrait participer aux cours d’orientation » du Collège européen de sécurité et de défense. L’échange de modules de formation – par exemple sur le travail canadien mené auprès des ONG – serait aussi intéressant.

(NGV)

(article paru dans Europolitique, octobre 2008)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).