Les Roumains hésitent (un peu) sur leur futur avion, F16 ou Gripen


(BRUXELLES2) La Roumanie va devoir remplacer ses bons vieux Mig 21, dont nous avons pu voir un exemplaire lors du dernier défilé du 14 juillet. Les 48 avions de fabrication soviétique ont commencé à être retirés du service. Et le gouvernement a mis 4,5 milliards d’euros sur la table pour les remplacer.

Le Conseil Suprême de Défense du Pays (CSAT) doit se prononcer, prochainement. Mais, comme l’a confié le secrétaire d’Etat à la Défense, Corneliu Dobritoiu, à certains quotidiens roumains, la décision sera éminemment « politique ».

Sont en lice surtout deux avions (sur les cinq pressentis au départ) : le Falcon F-16 de l’américain Lockheed Martin (qui aurait la préférence du président et des militaires, selon nos confrères de Cotidianul) et le Saab Gripen suédois (que préfère le Premier ministre). L’Eurofighter semble, pour l’instant, hors course, son prix (60 milions d’euros) et son coût de fonctionnement semblent prohibitifs pour les Roumains.

Lockheed Martin argumente sur l’interopérabilité de son appareil F-16 avec le futur F-35 qui deviendra le standard de l’Otan. Un argument de vente – avec le prix – auxquels sont sensibles les militaires roumains. Leur idée est en effet de n’acheter que 24 F-16 et de garder une partie du budget (4,5 milliards d’euros) pour acheter 24 autres avions F-35. Le Gripen a pour lui qu’il peut être armé par un large éventail (américain, européen, israëlien…) y compris les missiles Matra (qui équipe déjà l’armée roumaine). De plus les Suédois auraient fait une offre de compensation intégrale. Ils seraient prêts d’investir « 100% de la valeur du contrat » dans la construction d’une centrale électrique, recyclant les déchets ».

Europe ou USA, entre les deux le coeur de la Roumanie vacille…

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Commentaires fermés.

Inscrivez-vous à notre newsletter