En Géorgie, une première mission de l’UE « exploratoire »

(B2) La possible mission de surveillance de l’Union européenne (UE) en Géorgie pourrait, en fait, être déployée en deux étapes. Après la réunion du Comité politique et de sécurité (COPS), le 26 août, l’option qui est aujourd’hui étudiée au sein des services du Conseil de l’UE serait l’envoi d’une première mission « civile » exploratoire, dotée d’effectifs assez légers. Elle consisterait surtout à renforcer la douzaine d’experts déjà présents du Conseil (DG E 8 – Défense -, DG E 9 – Gestion civile des crises -, Sitcen – Centre de situation) et de la Commission (Dg relations extérieures et Europaid).

L’objectif serait notamment d’évaluer la situation, d’explorer les pistes d’action futures – en lien avec l’OSCE – et, si possible, de mener les premières missions « de surveillance ». Dans un second temps seulement, l’UE enverrait une mission plus complète, toujours « civile » a priori, avec d’éventuels éléments militaires.

Cette solution, en deux temps, déjà expérimentée pour le déploiement de missions civiles de Défense en Indonésie (Aceh) ou Kosovo présente de avantages. Elle permet d’abord à l’UE – notamment aux chefs d’Etat et de gouvernement, réunis en Sommet, le 1er septembre – de montrer sa détermination à s’impliquer dans la résolution de la crise. Elle contourne les difficultés politiques, notamment avec la Russie. Juridiquement, une telle mission peut en effet reposer sur un « Memorandum of understanding » (MoU), signé avec le pays hôte, et non sur une résolution des Nations-Unies. Elle permet aussi de calibrer la réaction possible et laisse du temps pour préparer et recruter le personnel supplémentaire à envoyer. Enfin, elle a un coût budgétaire limité.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Une pensée sur “En Géorgie, une première mission de l’UE « exploratoire »

  • 1 septembre 2008 à 09:51
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    Je viens de découvrir votre blog. Bravo et merci. Toutefois, votre goût de couleurs m’a rendu la lecture peu agréable…
    Bonne continuation! 

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