Ossétie-Géorgie: l’évacuation des ressortissants Européens – le point

Ossétie-Géorgie: l’évacuation des ressortissants Européens – le point

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(mises à jour 10, 12 et 14 août )

(B2) L’évacuation des citoyens européens de Géorgie commence… en ordre dispersé. Le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski a annoncé, samedi 9 août, l’évacuation « volontaire » des citoyens polonais du territoire de la Géorgie, en raison de la guerre qui s’est déclenchée avec la Russie et qui a pour enjeu l’Ossétie du Sud. Un avion gouvernemental a ainsi été envoyé dimanche, à Erevan, la capitale de l’Arménie proche. Il est revenu lundi matin à Varsovie avec 95 personnes à bord (dont huit citoyens tchèques). La République tchèque avait, en effet, demandé à la Pologne de l’aider à évacuer une dizaine de ses ressortissants. Un deuxième vol a été organisé. En tout, selon un bilan du ministère des Affaires étrangères, 206 Polonais ont été évacués via l’Arménie, les avions polonais ramenant également 26 Tchèques, 7 Estoniens et 6 Géorgiens.

De leur coté, les Britanniques ont conseillé à leurs ressortissants de quitter la Géorgie « tant que c’est possible – par voie aérienne – ou par la frontière ». Sur les 160 Italiens, la plupart (110 environ) ont déjà été évacués, lundi, via l’Arménie voisine. La Slovaquie a affrêté également un avion du ministère de l’Intérieur, sur Erevan, lundi, afin de ramener ses citoyens – une douzaine avaient demandé à rentrer.


La plupart des lignes aériennes régulières (autrichienne, baltes, turque azeri…) ont, en effet, annoncé la suspension de leurs liaisons sur la Géorgie.

La France a cependant envoyé lundi 11 août à Tbilissi, un Airbus A340 de l’armée de l’air, avec 70 m3 de fret humanitaire (lits, tentes et couvertures). Il a rapatrié sur Paris, mardi matin 229 personnes (170 Français et des ressortissants de l’UE (allemands, autrichiens, belges, britanniques, espagnols) et autres (algériens, géorgiens et norvégiens). Une deuxième rotation a été effectuée mardi. Au total, 474 personnes ont été rapatriées en France, selon le ministère des Affaires étrangères : 315 Français, 71 Géorgiens, 69 citoyens de l’UE (16 Belges, 17 Espagnols, 14 Italiens, 11 Néerlandais, 4 Allemands, 3 Autrichiens, 3 Britanniques et 1 Danois), et d’autres nationalités : 1 Japonais, 1 Américain, 1 Bielorusse, 2 Trinidadiens, 1 Suisse, 2 Russes, 6 Néo-zélandais, 3 Mauriciens, 1 Algérienne, 1 Norvégien.

Les A

llemands
ont préféré assuré l’évacuation de leurs ressortissants à partir de l’Arménie. En tout « sept bus ont permis d’évacuer de Tiflis (Tbilissi) 382 personnes dont plusieurs étaient ressortissants d’autres pays de ‘UE » assure Berlin. Les ambassades de l’UE à Erevan et à Tbilissi se coordonnant en effet pour permettre la prise en charge de tous les Européens (au titre de la protection consulaire européenne). Deux bus, avec un fanion allemand, avec une centaine de personnes à bord, allemands et d’autres nationalités européennes, sont ainsi arrivés à Erevan mardi matin. Un autre convoi de 162 personnes a suivi dans la nuit de mardi à mercredi a aussi été pris en charge. L’ambassade allemande à Erevan assure, ainsi, la protection consulaire pour les citoyens d’Autriche, du Danemark, de Suède et du Bénélux. Mercredi matin, un appareil de la Lufthansa, affrêté spécialement, a permis de rapatrier sur Münich, 212 personnes.

En février dernier, l’Etat major de l’UE avait étudié un concept commun militaire d’évacuation de leurs ressortissants. Même si « ce sont les Etats membres qui sont avant tout responsables de la protection et de l’évacuation de leurs citoyens », il peut être utile – indiquait le document – de voir comment « dans certaines circonstances, ils peuvent recourir à l’Union européenne ». Et ce « concept » détaillait les moyens matériels, humains et juridiques à mettre en oeuvre. Pour le cas géorgien-ossète, ce concept n’a pas vraiment été mis en oeuvre, chaque pays définissant sa propre politique d’évacuation.

(NGV)

Crédit photo : Ministère Français de la défense (Airbus A340 sur le tarmac de
l’aéroport de Tbilissi) et Ministère allemande des Affaires étrangères (accueil à Erevan).